Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Les mobiles de suspicion ou d’inimitié qui poussent d’ordinaire au meurtre se rencontrent pour ainsi dire jamais chez les pères ; et, s’ils apparaissent à l’occasion – cas tout à fait rare –, c’est la règle fondée sur l’usage constant de l’humanité qui prévaut.

Sur ce point, deux positions existent :

  1. Lorsque la volonté homicide est établie – que le soupçon soit avéré et l’intention d’ôter la vie patente, comme lorsqu’il le couche et l’égorge, par exemple –, on applique la peine de talion (1) entre eux ; l’intention criminelle étant certaine et aucun empêchement n’existant, le talion est de mise. Tel est l’avis des savants de Médine (2).

  2. Selon la seconde position, le talion n’a lieu entre eux en aucun cas, même si l’intention de tuer est démontrée, en raison du lien de « partie à tout » qui interdit de châtier une partie de l’homme pour une autre. C’est l’opinion de la majorité (3).

On ne peut opposer à ces derniers l’exemple de l’enfant qui tuerait son père – bien que celui-ci fasse partie de lui –, car le père n’a pas été créé à partir de la semence de son fils ; il n’est donc, ni en fait ni en droit, une partie de lui, contrairement à l’enfant qui, lui, est bel et bien une partie de son père.

Ce n’est pas ici le lieu d’approfondir davantage ces questions ; notre but est seulement de montrer qu’elles contiennent des sagesses et des intérêts que la raison peut saisir, même si elle ne suffit pas à les établir par elle-même. La Révélation est venue les confirmer, entérinant ainsi ce que l’intellect perçoit déjà, fût-ce partiellement.

(1) Le terme « al-qisas » (la loi du talion) est absent du manuscrit Q. (2) Voir : al-Nawadir wa-l-Ziyadat, vol. 14, p. 33 ; al-Tafriʿ, vol. 2, p. 217 ; ʿAqd al-Jawahir al-Thamina, p. 1096. (3) Voir : al-Jassas, Mukhtasar Ikhtilaf al-ʿUlamaʾ d’al-Tahawi, vol. 5, p. 106 ; Ibn Qudama, al-Mughni, vol. 11, p. 483.
فأسبابُ التُّهمة والعداوة الحاملة على القتل لا تكادُ توجدُ في الآباء، وإن وُجِدَت نادرًا فالعبرةُ بما اطَّردَت عليه عادةُ الخليقة. وهنا للنَّاس طريقان: أحدهما: أنَّا إذا تحقَّقنا التُّهمةَ وقصدَ القتلِ والإزهاق، بأن يُضْجِعَه ويذبحه ــ مثلًا ــ، أجرَينا القِصاصَ (١) بينهما؛ لتحقُّق قصدِ الجناية، وانتفاءِ المانع من القصاص. وهذا قولُ أهل المدينة (٢). والثَّاني: أنه لا يجري القِصاصُ بينهما بحال، وإن تحقَّق قصدُ القتل؛ لمكان الجُزئيَّة والبعضيَّة المانعة من الاقتصاص من بعض أجزاء الإنسان لبعضه. وهو قولُ الأكثرين (٣). ولا يَرِدُ عليهم قتلُ الولد بوالده، وإن كان بعضَه؛ لأنَّ الأبَ لم يُخْلَق من نطفة الابن، فليس الأبُ بجزءٍ له حقيقةً ولا حكمًا، بخلاف الولد فإنه جزءٌ حقيقةً. وليس هذا موضعَ استقصاء الكلام على هذه المسائل؛ إذ المقصودُ بيانُ اشتمالها على الحِكَم والمصالح التي يُدْرِكُها العقلُ وإن لم يَسْتَقِلَّ بها، فجاءت الشريعةُ بها مقرِّرةً لما استقرَّ في العقل إدراكُه ولو من بعض الوجوه.
(١) «القصاص» ساقطة من (ق). (٢) انظر: «النوادر والزيادات» (١٤/ ٣٣)، و «التفريع» (٢/ ٢١٧)، و «عقد الجواهر الثمينة» (١٠٩٦). (٣) انظر: «مختصر اختلاف العلماء للطحاوي» للجصاص (٥/ ١٠٦)، و «المغني» (١١/ ٤٨٣).

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