Ce n’est pas ici le lieu d’approfondir cette question (1) ; il s’agit seulement de rappeler que la raison évidente confirme ce qu’a établi la Loi à son sujet.
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À l’inverse, la Loi n’a pas subordonné l’égalité du sang à la parité dans le savoir et l’ignorance, ni dans la perfection et l’imperfection, ni dans la noblesse et la bassesse, ni dans la raison et la folie, ni encore dans l’éloignement ou la parenté, hormis le père et l’enfant.
Cela relève de la perfection de la sagesse et de l’achèvement de la grâce ; c’est là un intérêt suprême. Car, si l’on devait tenir compte de ces différences, l’utilité du talion serait presque entièrement paralysée : il est rarissime que deux personnes soient identiques à tous égards ; il existe nécessairement, dans tout ou partie de ces critères, un écart entre elles. Si donc la charia avait posé comme condition qu’on ne puisse exercer le talion qu’à l’encontre d’un égal sous tous rapports, le monde se serait corrompu, la violence aurait pris des proportions immenses et la perversion se serait propagée. Il n’entre pas dans la raison qu’un esprit sensé instaure une politique aussi inique ; son auteur serait plus proche de la déraison que de la sagesse ; c’est pourquoi les législations révélées ont purement et simplement négligé cet égard (2).
Quant au fils et au père, le talion ne s’applique pas entre eux en raison du lien de consubstantialité et de partialité (3) qui les unit : l’enfant est une partie du père, et l’on n’exerce pas le talion entre les différentes parties d’un même être. Le Très-Haut y fait allusion lorsqu’Il dit : « Et ils ont attribué à Dieu, parmi Ses serviteurs… »