motif pourrait-on invoquer pour considérer leurs deux vies comme équivalentes après leur humiliation, alors que la mécréance, elle, demeure intacte ?! La sagesse, les principes de la Loi et les exigences mêmes de la raison pourraient-ils admettre que l’abaissement et la domination imposés au mécréant entraînent l’égalité de son sang avec celui du musulman ?! Voilà bien ce que repoussent la sagesse, l’intérêt bien compris et la raison.
Le Prophète ﷺ a d’ailleurs évoqué cette réalité, levant tout voile et dissipant la difficulté, lorsqu’il a déclaré : « Le sang des musulmans est d’égale valeur » (1) – ou, selon une autre version : « Le sang des croyants… » (2). Il a donc fait dépendre l’équivalence d’un attribut qu’il n’est pas permis d’abolir, de négliger ni de remplacer par un autre, car ce serait annuler ce que le Législateur a pris en considération et prendre en considération ce qu’il a annulé. Lorsque l’équivalence est ainsi rattachée à la foi, elle se trouve sur le même plan que l’ensemble des prescriptions que le Législateur a liées à leurs attributs : l’amputation à l’acte de vol, la lapidation à l’adultère, la flagellation à la diffamation et à la consommation de vin ; il n’y a, en principe, aucune différence entre ces cas.
Quiconque rattache les jugements à d’autres critères que ceux qu’y a attachés le Législateur propose un lien rompu et caduc ; sur ce point, l’unanimité des imams du fiqh est acquise.
La raison elle-même aboutit à ceci : le sang de l’ennemi de Dieu, le mécréant, n’est ni l’égal ni l’équivalent du sang de Son allié, et il ne le sera jamais. La Loi est venue confirmer cette vérité. Où donc se trouve la contradiction ? Où la perplexité ? Ce n’est qu’évidence sur évidence, lumière sur lumière.