Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

motif pourrait-on invoquer pour considérer leurs deux vies comme équivalentes après leur humiliation, alors que la mécréance, elle, demeure intacte ?! La sagesse, les principes de la Loi et les exigences mêmes de la raison pourraient-ils admettre que l’abaissement et la domination imposés au mécréant entraînent l’égalité de son sang avec celui du musulman ?! Voilà bien ce que repoussent la sagesse, l’intérêt bien compris et la raison.

Le Prophète ﷺ a d’ailleurs évoqué cette réalité, levant tout voile et dissipant la difficulté, lorsqu’il a déclaré : « Le sang des musulmans est d’égale valeur » (1) – ou, selon une autre version : « Le sang des croyants… » (2). Il a donc fait dépendre l’équivalence d’un attribut qu’il n’est pas permis d’abolir, de négliger ni de remplacer par un autre, car ce serait annuler ce que le Législateur a pris en considération et prendre en considération ce qu’il a annulé. Lorsque l’équivalence est ainsi rattachée à la foi, elle se trouve sur le même plan que l’ensemble des prescriptions que le Législateur a liées à leurs attributs : l’amputation à l’acte de vol, la lapidation à l’adultère, la flagellation à la diffamation et à la consommation de vin ; il n’y a, en principe, aucune différence entre ces cas.

Quiconque rattache les jugements à d’autres critères que ceux qu’y a attachés le Législateur propose un lien rompu et caduc ; sur ce point, l’unanimité des imams du fiqh est acquise.

La raison elle-même aboutit à ceci : le sang de l’ennemi de Dieu, le mécréant, n’est ni l’égal ni l’équivalent du sang de Son allié, et il ne le sera jamais. La Loi est venue confirmer cette vérité. Où donc se trouve la contradiction ? Où la perplexité ? Ce n’est qu’évidence sur évidence, lumière sur lumière.

(1) Rapporté par Abou Dawud (2751), Ibn Majah (2685) et d’autres, d’après ‘Amr ibn Chou‘ayb, de son père, de son grand-père, avec une chaîne jugée bonne. Cité également par Ibn al-Jaroud dans al-Muntaka (771, 1073). At-Tayalissi le transmet (2372) sous la forme : « Les croyants sont égaux… ». (2) Rapporté par Abou Dawud (4530), an-Nasaʾi (4746), Ahmad (1/119) et d’autres, par plusieurs chaînes d’après ‘Ali. Authentifié par al-Hakim (2/141) sans contestation d’adh-Dhahabi. Ibn Hibban l’a aussi déclaré sahih (5996) d’après Ibn ‘Umar.
مُوجِبٍ لاستوائهما بعد الاستذلال، والكفرُ قائمٌ بعينِه؟! فهل في الحكمة وقواعد الشريعة ومُوجَبات العقول أن يكون الإذلالُ والقهرُ للكافر مُوجِبًا لمساواة دمه لدم المسلم؟! هذا مما تأباهُ الحكمةُ والمصلحةُ والعقول. وقد أشار ﷺ إلى هذا المعنى، وكَشَف الغطاء، وأوضحَ المُشْكِل، بقوله: «المسلمون تتكافأُ دماؤهم» (١)، أو قال: «المؤمنون ... » (٢)؛ فعلَّق المكافأة بوصفٍ لا يجوزُ إلغاؤه وإهدارُه وتعليقُها بغيره؛ إذ يكونُ إبطالًا لما اعتبره الشارعُ واعتبارًا لما أبطَله، فإذا علَّق المكافأةَ بوصف الإيمان كان كتعليقه سائرَ الأحكام بالأوصاف؛ كتعليق القَطْع بوصف السَّرقة، والرَّجم بوصف الزِّنا، والجَلْدِ بوصف القَذف والشُّرب، ولا فرقَ بينهما أصلًا. فكلُّ من علَّق الأحكامَ بغير الأوصاف التي علَّقها به الشارعُ كان تعليقُه منقطعًا مُنْصَرِمًا، وهذا مما اتفق أئمَّةُ الفقهاء على صحَّته. فقد أدَّى نظرُ العقل إلى أنَّ دَمَ عدوِّ الله الكافر لا يساوي دَمَ وَلِيِّه، ولا يكافئه أبدًا، وجاء الشرعُ بمُوجَبه، فأيُّ معارضةٍ هاهنا؟! وأيُّ حَيْرة؟! إن هو إلا بصيرةٌ على بصيرة، ونورٌ على نور.
(١) أخرجه أبو داود (٢٧٥١)، وابن ماجه (٢٦٨٥)، وغيرهما من حديث عمرو بن شعيب عن أبيه عن جده بإسنادٍ حسن. وخرَّجه ابن الجارود في «المنتقى» (٧٧١، ١٠٧٣). وأخرجه الطياليسي (٢٣٧٢) بلفظ: «المؤمنون تتكافأ ... ». (٢) أخرجه أبو داود (٤٥٣٠)، والنسائي (٤٧٤٦)، وأحمد (١/ ١١٩)، وغيرهم من طرقٍ عن علي. وصححه الحاكم (٢/ ١٤١) ولم يتعقبه الذهبي. وصححه ابن حبان (٥٩٩٦) من حديث ابن عمر.

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