– La seconde catégorie regroupe ce dont le bien-fondé n’apparaît qu’à la suite d’un examen rationnel, d’une réflexion et d’une méditation approfondis ; seuls les esprits d’élite y accèdent. Elle a trait à ce qui n’agit qu’à condition que la qualité en question soit effectivement réunie, ou à ce qui lui est subordonné.
On a ainsi posé, pour l’exécution du talion, la condition d’une réciprocité de religion. Voilà qui manifeste à l’extrême la prise en compte de la sagesse et de l’intérêt général, car c’est la religion qui distingue les hommes quant à l’inviolabilité de leur vie. Il ne saurait être conforme à la sagesse de Dieu ni à l’excellence de Sa Loi d’assimiler le sang de Son allié, de Son serviteur, du plus aimé de Ses créatures, le meilleur d’entre eux, celui qu’Il a créé pour Lui-même, privilégié par Sa générosité, préparé à séjourner près de Lui dans Son Paradis, à contempler Son Visage et à entendre Sa Parole dans la Demeure de Sa faveur – au sang de Son ennemi, du plus détesté de Ses créatures, du pire des êtres, de celui qui Lui associe des égaux (1), qui se détourne (2) de Son culte pour adorer Satan, lequel Il a destiné au Feu, au bannissement de Sa porte et à l’éloignement de Sa miséricorde.
En somme, qu’à Dieu ne plaise que Sa sagesse mette sur le même plan le sang de la meilleure des créatures et celui de la pire des créatures, de sorte que l’on prenne l’un en compensation de l’autre – d’autant qu’Il a rendu licite à Ses alliés le sang de Ses ennemis et les a livrés comme victimes expiatoires. Sa sagesse n’a voulu qu’ils s’abstiennent de les tuer que lorsque ces ennemis tombent sous leur domination et leur avilissement, tels des esclaves à leur service, leur acquittant la jizya, véritable capitation (3), tout en laissant subsister la cause qui, à l’origine, rendait leur sang légalement offert.
Cette abstention n’implique nullement – ni pour la raison, ni pour la Loi, ni pour l’intérêt général – que les deux vies soient devenues équivalentes. Il ne fait aucun doute qu’avant la sujétion et l’humiliation, ces deux sangs n’étaient pas à égalité en raison de la mécréance ; dès lors, quel