Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De même, ceux qui œuvrent pour l’au-delà : s’ils répétaient – « la peine et la fatigue du labeur sont une certitude, tandis qu’une belle fin n’est qu’un mirage » –, ils délaisseraient purement et simplement toute bonne action.

Il en va de même pour les salariés, les artisans, les rois, les soldats et, plus largement, pour quiconque poursuit un objectif, ici-bas ou dans l’au-delà : si son action ne reposait pas sur ce qui, en règle générale, se vérifie d’ordinaire, jamais il n’endurerait une peine assurée pour un résultat attendu.

C’est pourquoi l’on a dit que nier ce principe aboutit, sous bien des angles, à paralyser la vie d’ici-bas comme celle de l’au-delà.

Cinquante-sixième aspect : vous affirmez : « Une troisième considération vient contrecarrer les deux premières. L’intellect se demande alors : doit-il prendre en compte d’autres conditions que la simple humanité – raison et puberté, science et ignorance, perfection et déficience, parenté et étrangeté ? Il se retrouve totalement désemparé. Il faut donc impérativement un Législateur qui détaille ce plan, établisse une loi à laquelle la communauté se conforme et sur laquelle s’édifient ses intérêts. » (1)

Nous répondons : il ne fait aucun doute que les lois révélées apportent des données que les seules raisons ne sauraient saisir. Mais, dès que la charia les expose, l’intellect (2) perçoit aussitôt la beauté de ce qu’elle ordonne et la laideur de ce qu’elle interdit ; c’est la Révélation (3) qui l’éclaire sur la sagesse et l’utilité à l’origine de chaque prescription.

Tout cela est incontestable.

C’est précisément ce que nous voulions dire en déclarant : « Les révélations apportent des vérités qui déroutent les esprits, non des impossibilités. »

(1) Voir p. 987. (2) Manuscrit T : « ce que les législations ont apporté, la raison l’a appréhendé ». (3) Dans la copie principale on lit « fasartuhu » (je l’ai expliqué), tandis que la marge du manuscrit D propose « laʿallahu : fana­bahtuhu » (peut-être : je l’ai signalé) ; c’est cette dernière leçon qui est retenue.
وكذلك عُمَّالُ الآخرة، لو قالوا: «تعبُ العملِ ومشقَّتُه أمرٌ متحقِّق، وحُسْنُ الخاتمة أمرٌ موهوم»، لعطَّلوا الأعمالَ جملة. وكذلك الأُجَراءُ والصُّنَّاعُ والملوكُ والجندُ وكلُّ طالب أمرٍ من الأمور الدُّنيويَّة أو الأخرويَّة، لولا بناؤه على الغالب وما جرت به العادةُ لما احتَمل المشقَّة المتيقَّنة لأمرٍ منتَظر. ومِنْ هاهنا قيل: إنَّ إنكار هذه المسألة يستلزمُ تعطيلَ الدُّنيا والآخرة من وجوهٍ متعدِّدة. الوجه السادس والخمسون: قولكم: «ويعارضُه معنًى ثالثٌ وراءهما فيفكِّر العقلُ: أيراعِي شروطًا أخرى وراء مجرَّد الإنسانية، من العقل والبلوغ، والعلم والجهل، والكمال والنَّقص، والقَرابة والأجنبية، فيتحيَّر العقلُ كلَّ التحيُّر، فلا بدَّ إذَن من شارعٍ يفصِّلُ هذه الخُطَّة، ويعيِّنُ قانونًا يطَّردُ عليه أمرُ الأمَّة، وتستقيمُ عليه مصالحهم» (١). فيقال: لا ريبَ أنَّ الشرائعَ تأتي بما لا تستقلُّ العقولُ بإدراكه، فإذا جاءت به الشريعةُ اهتدى العقلُ (٢) حينئذٍ إلى وجه حُسْن مأموره وقُبح منهيِّه، فنبَّهَته (٣) الشريعةُ على وجه الحكمة والمصلحة الباعثَين لشرعه. فهذا مما لا يُنْكَر. وهذا الذي قلنا فيه: إنَّ الشرائعَ تأتي بمَحَارات العقول لا بمُحَالات
(١) انظر: (ص: ٩٨٧). (٢) (ت): «جاءت به الشرائع اهتدى به العقل». (٣) في الأصول: «فسرته». وفي طرة (د): «لعله: فنبهته». وهو ما أثبت.

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