– Il ouvre le verset par l’expression « وَلَكُمْ » – « et pour vous » –, qui indique que l’utilité du talion vous est exclusivement réservée et qu’elle revient entièrement à vous ; s’Il l’a institué, c’est par miséricorde et bienfaisance envers vous. Son avantage et son intérêt vous concernent, non Celui que les actes des serviteurs n’atteignent ni en bien ni en mal.
– Il enchaîne ensuite par : « فِي الْقِصَاصِ حَيَاةٌ » – « dans le talion se trouve la vie » –, faisant entendre que la vie préservée procède de la justice même : traiter le coupable comme il a traité sa victime.
Le terme qiṣāṣ, dans la langue, signifie « ressemblance » et renvoie, dans son sens originel, à l’idée de « suivre une trace » (1). Ainsi, au sujet de la sœur de Moïse : « Elle dit : “Suis-le” » (Coran 28, 11), c’est-à-dire : « suis sa piste ». De même : « Ils rebroussèrent chemin sur leurs traces, remontant leur piste » (Coran 18, 64), c’est-à-dire qu’ils retraçaient et suivaient l’empreinte. On parle encore de « raconter » un récit, parce que chaque partie en suit une autre. La sanction infligée au criminel a ainsi été appelée talion parce que l’on suit sa trace et qu’on lui fait ce qu’il a fait.
Voilà l’un des arguments établissant que l’on doit infliger au coupable la peine qu’il a fait subir : on le met à mort de la même manière qu’il a tué, afin de réaliser pleinement le sens du talion.
Nous avons exposé les preuves des deux positions et montré, textes scripturaires, traditions et raisonnements à l’appui, la supériorité de l’avis le plus fondé dans l’ouvrage « Tadhīb as-Sunan » (2).
Enfin, le Très-Haut emploie le mot « vie » au singulier indéfini pour magnifier et exalter sa valeur ; il ne s’agit pas d’une vie quelconque, mais de cette réalité, chère aux âmes, recherchée par elles et approuvée par toute raison droite, que le talion rend possible.