Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

– Il ouvre le verset par l’expression « وَلَكُمْ » – « et pour vous » –, qui indique que l’utilité du talion vous est exclusivement réservée et qu’elle revient entièrement à vous ; s’Il l’a institué, c’est par miséricorde et bienfaisance envers vous. Son avantage et son intérêt vous concernent, non Celui que les actes des serviteurs n’atteignent ni en bien ni en mal.
– Il enchaîne ensuite par : « فِي الْقِصَاصِ حَيَاةٌ » – « dans le talion se trouve la vie » –, faisant entendre que la vie préservée procède de la justice même : traiter le coupable comme il a traité sa victime.

Le terme qiṣāṣ, dans la langue, signifie « ressemblance » et renvoie, dans son sens originel, à l’idée de « suivre une trace » (1). Ainsi, au sujet de la sœur de Moïse : « Elle dit : “Suis-le” » (Coran 28, 11), c’est-à-dire : « suis sa piste ». De même : « Ils rebroussèrent chemin sur leurs traces, remontant leur piste » (Coran 18, 64), c’est-à-dire qu’ils retraçaient et suivaient l’empreinte. On parle encore de « raconter » un récit, parce que chaque partie en suit une autre. La sanction infligée au criminel a ainsi été appelée talion parce que l’on suit sa trace et qu’on lui fait ce qu’il a fait.

Voilà l’un des arguments établissant que l’on doit infliger au coupable la peine qu’il a fait subir : on le met à mort de la même manière qu’il a tué, afin de réaliser pleinement le sens du talion.

Nous avons exposé les preuves des deux positions et montré, textes scripturaires, traditions et raisonnements à l’appui, la supériorité de l’avis le plus fondé dans l’ouvrage « Tadhīb as-Sunan » (2).

Enfin, le Très-Haut emploie le mot « vie » au singulier indéfini pour magnifier et exalter sa valeur ; il ne s’agit pas d’une vie quelconque, mais de cette réalité, chère aux âmes, recherchée par elles et approuvée par toute raison droite, que le talion rend possible.

(1) Voir : Maqâyîs al-lugha, vol. 5, p. 11. (2) Vol. 12, p. 273 ; voir aussi : Zâd al-maʿâd, vol. 4, p. 84 ; Iʿlâm al-muwaqqiʿîn, vol. 1, p. 318 ; et Aḥkâm al-jinâya ʿalâ al-nafs, du shaykh Bakr Abû Zayd, p. 189-202 et 204-228.
* فصَدَّر الآيةَ بقوله: ﴿وَلَكُمْ﴾ المُؤْذِن بأنَّ منفعة القِصاص مختصَّةٌ بكم عائدةٌ إليكم، فشرعُه إنما كان رحمةً بكم وإحسانًا إليكم، فمنفعتُه ومصلحتُه لكم، لا لمن لا يبلغُ العبادُ ضرَّه ونفعَه. * ثمَّ عقَّبه بقوله: ﴿فِي الْقِصَاصِ حَيَاةٌ﴾ إيذانًا بأنَّ الحياة الحاصلة إنما هي في العدل، وهو أن يُفْعَل به كما فَعَل. والقصاصُ في اللغة: المماثلَة، وحقيقتُه راجعةٌ إلى الاتِّباع (١). ومنه قوله: ﴿وَقَالَتْ لِأُخْتِهِ قُصِّيهِ﴾ [القصص: ١١] أي: اتَّبعي أثرَه. ومنه قوله: ﴿فَارْتَدَّا عَلَى آثَارِهِمَا قَصَصًا﴾ [الكهف: ٦٤] أي: يقُصَّان الأثرَ ويتَّبعانه. ومنه: قَصُّ الحديث واقتصاصُه؛ لأنه يَتْبَعُ بعضُه بعضًا في الذِّكر. فسمِّي جزاءُ الجاني قِصاصًا لأنه يُتَّبعُ أثرُه فيُفْعَلُ به كما فَعَل. وهذا أحدُ ما يُسْتَدلُّ به على أن يُفْعَل بالجاني كما فَعَل، فيُقْتَل بمثل ما قَتَل به؛ لتحقيق معنى القِصاص. وقد ذكرنا أدلَّة المسألة من الطَّرفين، وترجيحَ القول الرَّاجح بالنَّصِّ والأثر والمعقول في كتاب «تهذيب السُّنن» (٢). * ونكَّر سبحانه الحياةَ تعظيمًا لها وتفخيمًا لشأنها، وليس المرادُ حياةً ما، بل المعنى أنَّ في القِصاص حصولَ هذه الحقيقة المحبوبة للنُّفوس، المُؤْثَرة عندها، المُسْتَحْسَنة في كلِّ عقل.
(١) انظر: «مقاييس اللغة» (٥/ ١١). (٢) (١٢/ ٢٧٣). وانظر: «زاد المعاد» (٤/ ٨٤)، و «إعلام الموقعين» (١/ ٣١٨)، و «أحكام الجناية على النفس» للشيخ بكر أبو زيد (١٨٩ - ٢٠٢، ٢٠٤ - ٢٢٨).

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