Ainsi, le talion assure la pérennité du monde et la rectitude de l’existence.
Le Très-Haut y a fait allusion en disant : « Et il y a pour vous, dans le talion, une préservation de la vie, ô vous qui êtes doués d’intelligence, afin que vous soyez pieux » (Coran 2, 179).
Ces paroles contiennent, en filigrane, la réponse à une question implicite : l’anéantissement (1) de cette noble structure (2) — faire souffrir cette âme et la faire disparaître —, en contrepartie de la disparition de la victime, ne constitue-t-il pas une aggravation du fléau du meurtre ? Par quelle sagesse une telle décision émane-t-elle de Celui dont la miséricorde embrasse toute chose et dont la sagesse confond les esprits ?
Le verset apporte la réponse : « Il y a pour vous, dans le talion, une préservation de la vie. » En effet, lorsqu’un meurtrier sait qu’il sera mis à mort, à son tour, en représailles de la personne qu’il a tuée, il renonce au crime, se retient et préfère l’amour de sa propre vie ; il y a donc, dans cette menace, une protection aussi bien pour lui que pour celui qu’il projetait d’assassiner.
Sous un autre aspect : autrefois, lorsqu’un homme était tué, les membres de son clan ou de sa tribu tuaient, en représailles, tous ceux qu’ils pouvaient atteindre dans le clan, le quartier ou la tribu du meurtrier. C’était là une source de corruption et de ruine dont les méfaits se répandaient partout et dont le poids devenait écrasant. Allah, exalté soit-Il, a donc institué le talion et ordonné que nul autre que le coupable ne soit mis à mort pour la victime ; de la sorte, la vie est préservée pour sa tribu, son quartier et ses proches.
La vie n’est donc pas préservée par le talion en tant qu’il est un acte de mise à mort, mais parce qu’il s’agit précisément d’un talion : seul le meurtrier répond de la victime, nul autre.
Le talion renferme ainsi, sous ces deux angles, la préservation de la vie.
Médite enfin la majesté, la concision, l’éloquence, la clarté et la profondeur de sens que recèlent ces nobles paroles :