Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

réside dans le fait que ces propriétés restent cachées à certains esprits, qu’elles sont d’une subtilité telle que les sens et l’intellect se montrent incapables de les discerner, d’en mesurer l’intensité et de saisir les rapports qui existent entre leurs modalités et leurs natures.

Or cette divergence n’a jamais conduit aucun homme sensé à nier l’ensemble de la discipline, la majeure partie de ses principes et de ses questions, ni à soutenir qu’il n’est pas une seule propriété extraite d’un remède — simple ou composé — ou d’un aliment, sans que la raison n’y oppose quelque chose qui la plongerait dans la perplexité. Quiconque avancerait pareille thèse prêterait à rire aux gens de raison, tant ils savent, de façon évidente et par l’expérience, ce qui convient ou répugne à ces propriétés et la tendance naturelle de ces substances à produire, le plus souvent, des bienfaits ou des nuisances. La divergence de quelques esprits ne saurait donc abolir ce que l’on connaît par évidence et par sensation. Il en va de même pour les législations révélées.

Cinquante-troisième point : vous déclarez : « Lorsqu’un homme tue l’un de ses semblables, l’esprit se trouve alors confronté à des opinions contradictoires et divergentes… » (1), et ainsi de suite.

Nous répondrons : si vous entendez par là que la raison placerait sur le même plan la loi du talion (al-qisâs) instituée par Allah et son abandon dans l’intérêt du meurtrier, vous imputez à la raison ce qu’elle ne dit pas ; c’est un pur mensonge. Jamais un esprit sain n’a tenu pour également bons le fait de châtier le coupable à la mesure de son acte et le fait de l’ignorer et de le laisser impuni ; aucun entendement droit ne met ces deux choses sur un pied d’égalité.

Comment, en effet, pourrait-on assimiler deux situations dont l’une entraîne la corruption de l’espèce humaine, la ruine du monde, l’abandon de la victime à son sort et l’encouragement des criminels à l’injustice et à l’agression, tandis que l’autre assure la préservation de l’espèce, la prospérité du monde, la défense de l’opprimé et la dissuasion des criminels, des rebelles et des agresseurs ?!

(1) Voir p. 986.
خفاءُ تلك الأوصاف على بعض العقلاء، ودِقَّتُها، وعجزُ الحِسِّ والعقل عن تمييزها ومعرفة مقاديرها والنِّسَب الواقعة بين كيفيَّاتها وطبائعها. ولم يكن هذا الاختلافُ بمُوجِبٍ عند أحدٍ من العقلاء إنكارَ جملة العلم وجمهور قواعده ومسائله، ودعوى أنه ما مِنْ وصفٍ يُستنبَطُ من دواءٍ مفرَدٍ أو مركَّبٍ أو من غذاءٍ إلا وفي العقل ما يعارضه فيتحيَّر العقل! ولو ادَّعى هذا مُدَّعٍ لضَحِك منه العقلاء، بما عَلِمُوه بالضرورة والحسِّ من ملاءمة الأوصاف ومنافرتها، واقتضاءِ تلك الذَّوات للمنافع والمضارِّ في الغالب، ولا يكون اختلافُ بعض العقلاء يُوجِبُ إنكارَ ما عُلِمَ بالضرورة والحسِّ. فهكذا الشرائع. الوجه الثالث والخمسون: إنَّ قولكم: «إذا قتَل إنسانٌ إنسانًا مثله عرَض للعقل هاهنا آراءٌ متعارضةٌ مختلفة ... » (١) إلى آخره. فيقال: إن أردتم أنَّ العقل يسوِّي بين ما شرَعه الله من القصاص وبين تركِه لمصلحة الجاني، فبَهْتٌ للعقل وكذبٌ عليه؛ فإنه لا يستوي عند عاقلٍ قطُّ حُسْنُ الاقتصاص من الجاني بمثل ما فَعَلَ وحُسْنُ تركِه والإعراض عنه، ولا يُعْلَمُ عقلٌ صحيحٌ يسوِّي بين الأمرين. وكيف يستوي أمران: أحدُهما يستلزمُ فسادَ النَّوع، وخرابَ العالم، وتركَ الانتصار للمظلوم، وتمكينَ الجُناة من البغي والعدوان. والثَّاني يستلزمُ صلاحَ النَّوع، وعمارةَ العالم، والانتصارَ للمظلوم، ورَدْعَ الجُناة والبُغاة والمعتدين؟!
(١) انظر: (ص: ٩٨٦).

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