Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et quel conflit l’intellect pourrait-il donc opposer aux qualités qui fondent la beauté de la véracité et de la piété filiale, de la bienfaisance et de l’équité, de l’altruisme, du soulagement des détresses, de la satisfaction des besoins et du secours aux affligés ; au fait de retenir la main des injustes, de réprimer les fauteurs de corruption, d’écarter les rebelles et les agresseurs ; de préserver, autant que faire se peut, l’intellect, les biens, le sang et l’honneur des hommes, d’ordonner ce qui les répare et les parachève et d’interdire ce qui les corrompt et les amoindrit ?!

Tel est, dans son ensemble et pour l’essentiel, l’état des législations révélées : quiconque les scrute avec discernement conclut avec certitude qu’il est impossible au plus Sage des juges d’édicter pour Ses serviteurs le contraire de ces prescriptions.

Si, en revanche, vous prétendez que, dans certains points subtils, il existe des questions où les qualités déduites par la raison semblent se contredire, de sorte que l’esprit hésite entre ce qui est approprié et ce qui ne l’est pas, admettons que cela survienne ; mais une telle occurrence ne supprime pas (1) la beauté intrinsèque de ces prescriptions ni la laideur intrinsèque de ce qu’elles proscrivent, et le fait que l’adéquation ou l’effet d’une qualité soit parfois imperceptible ne l’annule en rien. Il en va de même pour nombre de réalités purement rationnelles, voire sensibles.

Considérez la médecine : bien qu’elle relève du domaine sensible et expérimental—les bienfaits des aliments et des remèdes, leurs forces, leur chaleur ou leur froideur, leur humidité ou leur sécheresse y étant perçus par les sens—, vous constatez malgré tout la divergence des praticiens sur de nombreuses questions relatives à une même substance : est-elle bénéfique pour telle chose, lui convient-elle ou, au contraire, lui nuit-elle (2) ? Est-elle chaude ou froide ? Humide ou sèche ? Renferme-t-elle une force propre à tel usage ou n’en possède-t-elle aucune ?

Or, en dépit de cette divergence, aucun esprit raisonnable ne nie les forces, les bienfaits, les nuisances et les qualités qui résident dans les aliments et les remèdes ; car la cause de cette divergence

(1) Le manuscrit Q porte : « car elle ne l’annule pas », mais il s’agit d’une déformation. (2) Les manuscrits T et Q donnent : « mawd », lecture fautive.
وأيُّ معارضةٍ في العقول للأوصاف المقتضية حُسْنَ الصِّدق والبِرِّ، والإحسان والعدل، والإيثار، وكشف الكُربات وقضاء الحاجات وإغاثة الَّلهَفات، والأخذ على أيدي الظَّالمين، وقَمْع المفسدين، ومنع البُغاة والمعتدين، وحِفظ عقول العالمين وأموالهم ودمائهم وأعراضهم بحسب الإمكان، والأمر بما يُصْلِحُها ويكمِّلها، والنهي عمَّا يُفْسِدُها وينقُصها؟! وهذه حالُ جملة الشَّرائع وجمهورها، إذا تأمَّلها العقلُ جَزَم أنه يستحيلُ على أحكم الحاكمين أن يشرَع خلافَها لعباده. وأمَّا إن أردتم أنَّ في بعض ما يَدِقُّ منها مسائلَ تتعارض فيها الأوصافُ المستنبَطةُ في العقول، فيتحيَّر العقلُ بين المناسب منها وغير المناسب؛ فهذا وإن كان واقعًا فإنه لا ينفي (١) حُسْنَها الذَّاتيَّ وقُبحَ منهيِّها الذَّاتي، وكونُ الوصف خفيَّ المناسبة والتَّأثير في بعض المواضع مما لا يَدْفَعُه. وهذه حالُ كثيرٍ من الأمور العقليَّة المحضة، بل الحِسِّيَّة. وهذا الطِّبُّ مع أنه حِسِّيٌّ تجريبيٌّ تُدْرَكُ منافعُ الأغذية والأدوية وقُواها وحرارتُها وبرودتُها ورطوبتُها ويبوستُها فيه بالحِسِّ، ومع هذا فأنتم ترونَ اختلافَ أهله في كثيرٍ من مسائلهم في الشيء الواحد، هل هو نافعٌ كذا، ملائمٌ له أو منافرٌ مؤذٍ (٢)؟ وهل هو حارٌّ أو بارد؟ وهل هو رطبٌ أو يابس؟ وهل فيه قوَّةٌ تصلُح لأمرٍ من الأمور أو لا قوَّة فيه؟ ومع هذا فالاختلافُ المذكورُ لا ينفي عند العقلاء ما جُعِلَ في الأغذية والأدوية من القُوى والمنافع والمضارِّ والكيفيَّات؛ لأنَّ سببَ الاختلاف
(١) (ق): «فإنها لا تنفي». وهو تحريف. (٢) (ت، ق): «مود».

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