et de la retenir parce que la prescription révélée l’a fait prévaloir, non parce qu’elle s’imposerait par son mérite propre. » (1)
On rétorquera donc : si, par cette « opposition », vous entendez qu’elle se vérifie dans tous les actes et toutes les paroles dotés des qualités pertinentes auxquelles les jugements sont rattachés – ainsi que le suggère votre propos –, c’est là une prétention manifestement fausse, un pur mensonge. Il en va de même si vous prétendez qu’elle subsiste dans la plupart de ces actes.
Quel conflit l’intellect pourrait-il éprouver devant le caractère odieux du mensonge et de la turpitude, de l’injustice et de la destruction des récoltes et de la descendance, du fait de léser ceux qui font le bien, de frapper ses parents, de les mépriser et de les avilir sans qu’ils aient commis la moindre faute ? Et quel conflit l’intellect rencontre-t-il face aux qualités exécrables que sont l’association à Allah dans Sa volonté et l’ingratitude envers Ses bienfaits ? Quel conflit encore vis-à-vis de la laideur (2) des divers actes de débauche que l’âme saine et la raison réprouvent d’instinct ? Quel conflit enfin à propos de l’abomination qu’il y aurait à épouser sa propre mère et à la traiter comme on traite une concubine ou une épouse ? Et l’on pourrait multiplier à l’infini les exemples de choses dont la raison atteste la laideur sans qu’aucune force contraire ne vienne la contredire.
Certes, nous ne nions pas que l’appel de la passion puisse parfois s’opposer à celui de la raison ; si c’est ce conflit que vous visez, nous l’admettons, mais il sert votre thèse à rebours de ce que vous en attendez.
De la même manière, quel conflit l’intellect perçoit-il vis-à-vis des qualités qui rendent belle l’adoration d’Allah, la gratitude envers Lui, la vénération et l’exaltation de Sa grandeur, la louange pour Ses bienfaits et Ses grâces, pour Ses attributs de majesté et Ses perfections, bref le fait de Le réserver, Lui seul, pour l’amour, le culte et la glorification ?!