Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant au serviteur, vous l’avez déclaré à la fois objet d’un ordre et d’une interdiction sans qu’il dispose d’un acte sur lequel puissent réellement porter cet ordre et cette interdiction. Quel qadarisme pourrait être plus extrême que cela ?

Dites-nous donc : de qui la parole aboutit-elle, en vérité, à l’abolition des prescriptions révélées et à la neutralisation des commandements ?

Que l’esprit averti considère les enjeux (1) de cette joute dialectique et la trajectoire des flèches décochées dans ce débat, puis qu’il opte pour l’une des deux voies ; par Allah, « il n’est, dans l’une comme dans l’autre, aucun avantage pour qui voudrait choisir » (2).

N’échappe à ces impasses que celui qui affirme la Parole d’Allah, subsistante en Lui, renfermant Ses ordres et Ses interdictions, Ses promesses et Ses menaces ; qui Lui reconnaît les attributs de perfection qu’Il S’est Lui-même attribués, ces réalités positives qui Lui appartiennent en propre ; et qui, dans le même temps, affirme l’acte du serviteur, son choix, sa volonté et son intention – pivots mêmes de la Loi et objets des injonctions et des défenses. Celui-là n’est ni jabri, ni jahmite, ni qadarite.

Comment un esprit raisonnable pourrait-il adopter des opinions et des doctrines dont de telles conséquences ne sont que la partie émergée ? S’il persévérait jusqu’au bout, il verrait se dévoiler leur corruption et leur nullité à un degré qui le laisserait stupéfait devant quiconque les professe ou s’en réclame. Qu’Allah ouvre la voie de la rectitude.

Cinquante-deuxième point : vous affirmez :

« Aucune signification déduite d’une parole ou d’un acte, à laquelle on veuille rattacher une signification qui lui corresponde, n’est exempte – du point de vue de la raison – d’une autre signification qui lui fait contrepoids, l’égale en rang ou même la surpasse ; l’intellect demeure donc perplexe quant au choix, jusqu’à ce qu’une prescription révélée intervienne et retienne l’une des deux ou la fasse prévaloir d’elle-même. Il incombe alors à l’homme doué de raison de s’y conformer. »

(1) Les manuscrits portent « limuwaqa‘a », lecture manifestement fautive. (2) Citation d’al-Asha : « Il dit : “Entre deuil et perfidie tu te tiens ; choisis donc, mais aucun des deux n’offre d’avantage à qui choisit.” »
* وأمَّا في حقِّ العبد، فإنكم جعلتموه مأمورًا منهيًّا من غير أن يكون له فعلٌ يُؤمَرُ به ويُنهى عنه. فأيُّ قَدَرِيَّةٍ أبلغُ من هذه؟! فمن الذي تضمَّن قولُه إبطالَ الشَّرائع وتعطيلَ الأوامر؟! فليتنبَّه اللبيبُ لمَواقع (١) هذه المساجَلة، وسهام هذه المناضَلة، ثمَّ ليَخْتَر منهما إحدى خُطَّتين، ولا والله «ما فيهما حظٌّ لمختار» (٢). ولا ينجو من هذه الوَرَطاتِ إلا من أثبت كلامَ الله القائمَ به، المتضمِّنَ لأمره ونهيه ووعده ووعيده، وأثبت له ما أثبت لنفسه من صفات كماله، ومن الأمور الثُّبوتيَّة القائمة به، ثمَّ أثبت مع ذلك فعلَ العبد واختيارَه ومشيئتَه وإرادتَه التي هي مناطُ الشرائع ومتعلَّقُ الأمر والنهي، فلا جَبْريٌّ ولا جهميٌّ ولا قَدَريٌّ. وكيف يختارُ العاقلُ آراءً ومذاهبَ هذه بعض لوازمها؟! ولو صابَرها إلى آخرها لاستبانَ له من فسادها وبطلانها ما يتعجَّبُ معه من قائلها ومُنْتَحِلها، والله الموفِّق للصَّواب. الوجه الثَّاني والخمسون: قولكم: «إنه ما مِن معنًى يُستَنبطُ من قولٍ أو فعلٍ ليُربَط به معنًى مناسبٌ له إلا ومن حيث العقلُ يعارضُه معنًى آخرُ يساويه في الدَّرجة أو يفضُل عليه في المرتبة، فيتحيَّر العقلُ في الاختيار، إلى أن يَرِدَ شرعٌ يختارُ أحدَهما أو يرجِّحُه من تلقائه، فيجبُ على العاقل اعتبارُه
(١) في الأصول: «لمواقعة». وهو تحريف. (٢) اقتباسٌ من قول الأعشى: فقال: ثكلٌ وغدرٌ أنت بينهما ... فاختر، وما فيهما حظٌّ لمختار

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