Quant au serviteur, vous l’avez déclaré à la fois objet d’un ordre et d’une interdiction sans qu’il dispose d’un acte sur lequel puissent réellement porter cet ordre et cette interdiction. Quel qadarisme pourrait être plus extrême que cela ?
Dites-nous donc : de qui la parole aboutit-elle, en vérité, à l’abolition des prescriptions révélées et à la neutralisation des commandements ?
Que l’esprit averti considère les enjeux (1) de cette joute dialectique et la trajectoire des flèches décochées dans ce débat, puis qu’il opte pour l’une des deux voies ; par Allah, « il n’est, dans l’une comme dans l’autre, aucun avantage pour qui voudrait choisir » (2).
N’échappe à ces impasses que celui qui affirme la Parole d’Allah, subsistante en Lui, renfermant Ses ordres et Ses interdictions, Ses promesses et Ses menaces ; qui Lui reconnaît les attributs de perfection qu’Il S’est Lui-même attribués, ces réalités positives qui Lui appartiennent en propre ; et qui, dans le même temps, affirme l’acte du serviteur, son choix, sa volonté et son intention – pivots mêmes de la Loi et objets des injonctions et des défenses. Celui-là n’est ni jabri, ni jahmite, ni qadarite.
Comment un esprit raisonnable pourrait-il adopter des opinions et des doctrines dont de telles conséquences ne sont que la partie émergée ? S’il persévérait jusqu’au bout, il verrait se dévoiler leur corruption et leur nullité à un degré qui le laisserait stupéfait devant quiconque les professe ou s’en réclame. Qu’Allah ouvre la voie de la rectitude.
Cinquante-deuxième point : vous affirmez :
« Aucune signification déduite d’une parole ou d’un acte, à laquelle on veuille rattacher une signification qui lui corresponde, n’est exempte – du point de vue de la raison – d’une autre signification qui lui fait contrepoids, l’égale en rang ou même la surpasse ; l’intellect demeure donc perplexe quant au choix, jusqu’à ce qu’une prescription révélée intervienne et retienne l’une des deux ou la fasse prévaloir d’elle-même. Il incombe alors à l’homme doué de raison de s’y conformer. »