Chacune des deux écoles mêle donc le vrai et le faux :
— Les jabrites ont eu raison de nier la relation d’échange, mais ils se sont trompés en niant la causalité.
— Les qadariyya ont eu raison d’affirmer la causalité, mais ils se sont fourvoyés en affirmant la relation d’échange.
Si tu combines l’une des négations des jabrites avec l’une des affirmations des qadariyya, tout en rejetant les erreurs des deux camps, tu seras alors plus proche de la vérité qu’eux tous.
Or, si vous entendez par l’énoncé « Ses bienfaits ne constituent pas une rétribution » qu’ils n’ont pas valeur de contrepartie ; que, bien au contraire, c’est Lui qui gratifie des œuvres comme de la récompense, et qu’Il nous accorde l’une et l’autre par pure faveur ; que Sa grâce(1) sous forme de rétribution nous est octroyée sans droit préalable ni prix à rendre, mais uniquement par surabondance de libéralité et de bienfaisance : voilà la vérité. Car c’est Lui qui consent la guidance vers la foi, facilite l’accomplissement des œuvres et prodigue la récompense ; l’ensemble procède exclusivement de Sa bonté et de Sa grâce. Le Très-Haut dit : « Ils te rappellent, comme une faveur, leur conversion à l’islam. Dis : « Ne me rappelez pas votre conversion ; c’est plutôt Allah qui vous a gratifiés en vous guidant vers la foi, si vous êtes véridiques. » » [Al-Hujurât : 17].
Quarante-neuvième point : vous dites : « Si ces deux issues se contredisent dans l’entendement, comment la raison pourrait-elle opter pour l’une plutôt que pour l’autre ? » (2).
Nous répondons : il est désormais clair — louange à Allah — qu’il n’existe, dans une intelligence saine, aucune contradiction entre ces deux données.