où ils demeureront éternellement ; quelle excellente récompense pour ceux qui œuvrent ! » [Al-ʿAnkabūt : 58].
Le Coran abonde en passages de ce genre, qui montrent que le Paradis est bel et bien leur rétribution et leur salaire. Comment alors soutenir que Ses bienfaits, exalté soit-Il, ne constituent jamais une récompense ? En réalité, les bienfaits divins ne sont pas octroyés par voie d’échange, et les œuvres n’en sont pas le prix ; car nul n’entrera au Paradis grâce à ses œuvres, personne n’y accédera si ce n’est par la pure grâce et la miséricorde d’Allah.
Cela ne contredit en rien les textes cités précédemment : ceux-ci établissent seulement que les œuvres sont des causes, non des contreparties ni des prix. Lorsque le Prophète ﷺ a nié l’« entrée par les œuvres », il a rejeté la prétention à mériter une contrepartie en raison d’une équivalence fournie ; il a donc confirmé la bāʾ de la causalité et écarté la bāʾ de l’échange et de la compensation. Telle est la parole décisive sur cette question (1).
Les qadariyya jabrites, de leur côté, rejettent totalement la bāʾ de la causalité : ils nient que les œuvres puissent être une cause de salut et d’entrée au Paradis. Les textes que nous avons évoqués – et bien d’autres encore – réduisent leur thèse à néant.
Les qadariyya négateurs, à l’inverse, affirment la bāʾ de l’échange et de la compensation : ils prétendent que le Paradis est la contrepartie des œuvres, leur prix, et que l’on n’y accède que par la seule force de ses actes. Les textes qui s’y opposent réfutent clairement leur position.
La raison comme la saine disposition naturelle invalident l’opinion de ces deux courants. Rien, dans les Écritures ni dans l’intellect, ne tient face au détail que nous avons exposé. On voit ainsi que la vérité se trouve toujours dans la voie médiane entre les groupes, sans aucune exception : chaque fois que des factions divergent, la vérité gît dans la position centrale (2).