Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Celui qui est ainsi n’est embelli par l’obéissance de Ses serviteurs, ni terni par leurs péchés ; pourtant, les desseins suprêmes 1 qu’Il poursuit en leur imposant des obligations, en leur ordonnant et en leur interdisant, découlent de Sa souveraineté parfaite, de Sa louange et de Sa sagesse. Quand bien même il ne s’agirait que d’obtenir de Ses serviteurs la gratitude pour Ses bienfaits innombrables, gratitude mesurée à leurs forces et à leurs capacités, et non à ce qui Lui serait dû — car Il est trop grand et trop sublime pour que Ses créatures puissent s’en acquitter —, Il se contente, exalté soit-Il, de ce que leur nature et leurs moyens leur permettent de Lui offrir.

Aucune chose n’est, pour la raison comme pour la fitra (disposition primordiale), plus belle que de remercier le Bienfaiteur 2, et rien n’est plus profitable au serviteur.

Voici donc deux voies supplémentaires qui mettent en lumière la perfection du commandement, de l’obligation et de l’interdiction :

  1. La première se rattache à Son essence et à Ses attributs : Il en est digne, et Sa beauté, Sa perfection, Ses Noms et Ses attributs exigent de Ses serviteurs l’amour le plus absolu, l’humilité et l’obéissance.
  2. La seconde concerne Sa bienveillance et Ses bienfaits, d’autant qu’Il se passe entièrement de Ses serviteurs ; s’Il leur prodigue le bien, c’est par miséricorde, par largesse et par générosité, non par échange, ni pour attirer un avantage, ni pour repousser un préjudice.

Quelle que soit la voie qu’emprunte le serviteur, elle le conduira à L’aimer et à déployer tous ses efforts pour Le satisfaire. Où donc ces deux voies se situent-elles par rapport aux deux précédentes 3 ?

C’est le déni de l’amour divin qui a trompé ces gens et les a privés du savoir.

(1) Dans le manuscrit Ṭāʾ, on lit : « mais Il détient des sagesses parfaites ». (2) Dans le manuscrit Tâʾ, la leçon est : « les bienfaits ». (3) Il s’agit des deux démarches, qadariyya (partisans du libre arbitre) et jabriyya (fatalistes), pour justifier la raison et la sagesse du taklîf ; ces points ont été évoqués un peu plus haut.
ومن كان هكذا فإنه لا يتزيَّنُ بطاعة عباده، ولا تَشِينُه معاصيهم، ولكن من له الحِكَمُ البوالغُ (١) في تكليف عباده وأمرِهم ونهيهم ما يقتضيه ملكُه التَّامُّ وحمدُه وحكمتُه، ولو لم يكن في ذلك إلا أنه يستوجِبُ من عباده شكرَ نِعَمه التي لا تحصى، بحسب قُواهم وطاقتهم، لا بحسب ما ينبغي له، فإنه أعظمُ وأجلُّ من أن يَقْدِر خلقُه عليه، ولكنه سبحانه يرضى من عباده بما تسمحُ به طبائعُهم وقُواهم. فلا شيء أحسنُ في العقول والفِطر مِنْ شُكر المُنْعِم (٢)، ولا أنفعُ للعبد منه. فهذان مسلكان آخران في حُسْن التكليف والأمر والنهي: أحدهما: يتعلَّق بذاته وصفاته، وأنه أهلٌ لذلك، وأنَّ جماله تعالى وكماله وأسماءه وصفاته تقتضي من عباده غايةَ الحبِّ والذُّلِّ والطَّاعة له. الثَّاني: متعلِّقٌ بإحسانه وإنعامه، ولا سيَّما مع غِناه عن عباده، وأنه إنما يحسِنُ إليهم رحمةً منه وجودًا وكرمًا، لا لمعاوَضةٍ ولا لاستجلاب منفعةٍ ولا لدفع مضرَّة. وأيُّ المسلكين سَلَكه العبدُ أوقعَه على محبته وبذلِ الجهد في مرضاته. فأين هذان المسلكان من ذَيْنِك المسلكين (٣)؟! وإنما أُتي القومُ من إنكارهم المحبة، وذلك الذي حَرَمهم من العلم
(١) (ط): «ولكن له من الحكم البوالغ». (٢) (ت): «النعم». (٣) مسلكي القدرية والجبرية في علة التكليف وحكمته. وقد تقدَّما قريبًا.

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