Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les natures ; comment donc pourriez-vous attribuer au Seigneur quelque chose dont la laideur est solidement ancrée dans vos dispositions innées et vos intelligences ?!

Allah – qu’Il soit exalté – dit : « Pensiez-vous donc que Nous vous avions créés en vain et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? Exalté soit Allah, le Souverain, le Vrai ; point de divinité en dehors de Lui, Seigneur du Trône magnifique. » (Les Croyants, 23 : 115-116). Par ces paroles, Il s’est déclaré au-dessus d’une telle supposition (1), mensongère et contraire à ce qu’exigent Ses noms et attributs, et il ne sied nullement à Sa majesté qu’on la Lui attribue.

Les passages de ce genre sont nombreux dans le Coran.

– De plus, Il – glorifié soit-Il – aime de la part de Ses serviteurs des actes dont la réalisation dépend de l’apparition des causes qui les produisent, causes qui ne se trouvent que dans la demeure de l’épreuve et de l’examen. En effet, Il aime les endurants, Il aime les reconnaissants, Il aime ceux qui combattent dans Sa voie en rangs serrés, Il aime les repentants et Il aime ceux qui se purifient. Il ne fait aucun doute que l’obtention de ces œuvres aimées sans leurs causes est impossible, tout comme il est impossible que l’effet existe sans sa condition. Et Allah – exalté soit-Il – se réjouit du repentir de Son serviteur lorsqu’il revient à Lui plus que ne se réjouit celui qui, ayant perdu sa monture chargée de sa nourriture et de sa boisson dans une terre désertique et meurtrière, la retrouve soudain.

Comme il est authentiquement rapporté dans le Ṣaḥīḥ, le Prophète ﷺ a dit : « Allah éprouve une joie plus intense pour le repentir de Son serviteur croyant que ne l’éprouve un homme se trouvant dans un désert aride et périlleux, accompagné de sa monture portant sa nourriture et sa boisson ; il s’endort, puis se réveille et constate qu’elle a disparu ; il la cherche jusqu’à ce que la soif l’accable, puis se dit : “Je retourne à l’endroit où j’étais, je m’allongerai et mourrai.” Il pose sa tête sur son bras, résolu à mourir ; il se réveille et trouve sa monture auprès de lui, chargée de sa provision, de sa nourriture et de sa boisson ; alors Allah

(1) Dans le manuscrit Q, la ḥa est vocalisée avec kasra, les deux lectures étant recevables. Les manuscrits H et N donnent « al-hisab », et une note marginale du manuscrit H mentionne la variante « al-hisban ».
الفِطر، فكيف يُنْسَبُ إلى الربِّ ما قبحُه مستقرٌّ في فطركم وعقولكم؟! وقال تعالى: ﴿أَفَحَسِبْتُمْ أَنَّمَا خَلَقْنَاكُمْ عَبَثًا وَأَنَّكُمْ إِلَيْنَا لَا تُرْجَعُونَ (١١٥) فَتَعَالَى اللَّهُ الْمَلِكُ الْحَقُّ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ رَبُّ الْعَرْشِ الْكَرِيمِ﴾ [المؤمنون: ١١٥ - ١١٦]؛ نزَّه نفسه سبحانه عن هذا الحُسْبان (١) الباطل المضادِّ لمُوجَب أسمائه وصفاته، وأنه لا يليقُ بجلاله نسبتُه إليه. ونظائرُ هذا في القرآن كثيرة. * وأيضًا؛ فإنه سبحانه يحبُّ من عباده أمورًا يتوقَّفُ حصولُها منهم على حصول الأسباب المقتضية لها، ولا تحصُل إلا في دار الابتلاء والامتحان؛ فإنه سبحانه يحبُّ الصابرين، ويحبُّ الشاكرين، ويحبُّ الذين يقاتلون في سبيله صفًّا، ويحبُّ التَّوابين، ويحبُّ المتطهِّرين، ولا ريبَ أنَّ حصول هذه المحبوبات بدون أسبابها ممتنع، كامتناع حصول الملزوم بدون لازمه، والله سبحانه أفرحُ بتوبة عبده حين يتوبُ إليه من الفاقد لراحلته التي عليها طعامُه وشرابُه في أرضٍ دَوِيَّةٍ مَهْلَكةٍ إذا وجدَها. كما ثبت في "الصحيح" عن النبي ﷺ أنه قال: "لَلَّهُ أشدُّ فرحًا بتوبة عبده المؤمن من رجلٍ في أرضٍ دَوِيَّةٍ مَهْلَكةٍ معه راحلتُه، عليها طعامُه وشرابُه، فنام، فاستيقَظ وقد ذهبَت، فطلبها حتى أدركَه العطش، ثم قال: أرجعُ إلى المكان الذي كنتُ فيه، فأنامُ حتى أموت، فوضع رأسَه على ساعده ليموت، فاستيقظ وعنده راحلتُه، عليها زادُه وطعامُه وشرابُه، فالله
(١) بكسر الحاء في (ق). والوجهان جائزان. وفي (ح، ن): "الحساب". وفي هامش (ح) إشارة إلى أن في نسخة: "الحسبان".

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