Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Comment cela serait-il pensable, alors même que les créatures sont incapables d’accomplir les actes qu’elles sont censées pouvoir réaliser, si ce n’est par la capacité qu’Il leur accorde, par la facilité qu’Il leur procure et par la création qu’Il opère ? Que dire, dès lors, de ce qui dépasse tout à fait leur pouvoir !

Comment pourraient-elles jamais (1) procurer le moindre avantage au Riche, à l’Absolument Autosuffisant, à propos duquel il est impensable qu’Il recherche auprès d’un autre un profit ou qu’Il repousse par un autre un tort ? Une telle chose est, à Son égard, rigoureusement impossible.

Il mentionna ensuite cette parole : « Ô Mes serviteurs, si les premiers d’entre vous et les derniers, humains comme djinns, possédaient le cœur le plus pieux d’un seul homme parmi vous, cela n’ajouterait rien à Ma royauté ; et si les premiers d’entre vous et les derniers, humains comme djinns, possédaient le cœur le plus pervers d’un seul homme parmi vous, cela ne retrancherait rien de Ma royauté. »

Par là, le Très-Haut montre que ce qu’Il leur ordonne comme actes d’obéissance et ce qu’Il leur interdit comme fautes n’ont pas pour but de susciter leur profit ni de se protéger de leur tort ; contrairement à l’ordre qu’un maître adresse à son serviteur, qu’un père adresse à son enfant ou qu’un gouvernant adresse à ses administrés, ordres et défenses qui bénéficient aussi bien à celui qui commande et interdit qu’à celui qui obéit et s’abstient.

Ainsi, Allah – exalté soit-Il – a établi qu’Il est totalement sanctifié de l’idée qu’un profit ou un dommage venant d’eux puisse L’atteindre, que ce soit par les bienfaits qu’Il leur dispense ou par les prescriptions qu’Il leur impose.

C’est pourquoi, après avoir énoncé ces deux principes – à savoir que leur piété ou leur perversité, autrement dit leur obéissance ou leur désobéissance, n’ajoutent rien à Sa royauté et n’en retranchent rien, et que la part de ce qu’ils Lui demandent tous, et qu’Il leur accorde, est absolument négligeable au regard de ce qu’Il possède –, il ressort qu’Il ne les a ni commandés ni comblés par l’exaucement des prières, le pardon des fautes et la dissipation des détresses pour se procurer un avantage ou pour se prémunir d’un mal. Quand bien même ils L’obéiraient tous, ils n’ajouteraient rien à Sa royauté ; et s’ils Lui désobéissaient tous, ils n’en retrancheraient rien. Il est, en vérité, le Riche, le Digne de louange.

(1) Les manuscrits portent ainsi : omission de la lettre nûn.
كيف والخلقُ عاجزون عمَّا يَقْدِرُون عليه من الأفعال إلا بإقداره وتيسيره وخلقه، فكيف بما لا يَقْدِرون عليه؟! فكيف يبلُغوا (١) نفعَ الغنيِّ الصَّمد الذي يمتنعُ في حقِّه أن يَسْتَجْلِبَ من غيره نفعًا أو يَسْتَدْفِعَ منه ضررًا، بل ذلك مستحيلٌ في حقِّه؟! ثمَّ ذَكَر بعد هذا قوله: «يا عبادي، لو أنَّ أوَّلكم وآخرَكم وإنسَكم وجنَّكم كانوا على أتقى قلب رجلٍ واحدٍ منكم ما زاد ذلك في ملكي شيئًا، ولو أنَّ أوَّلكم وآخرَكم وإنسَكم وجنَّكم كانوا على أفجَر قلب رجلٍ واحدٍ منكم ما نقصَ ذلك من ملكي شيئًا»؛ فبيَّن سبحانه أنَّ ما أمرهم به من الطَّاعات، وما نهاهم عنه من السيِّئات، لا يتضمَّنُ استجلابَ نفعهم، ولا استدفاعَ ضررهم؛ كأمر السيِّد عبدَه، والوالد ولدَه، والإمام رعيَّتَه، بما ينفعُ الآمرَ والمأمور، ونهيِهم عمَّا يضرُّ النَّاهي والمنهيَّ؛ فبيَّن تعالى أنه المنزَّه عن لحوق نفعهم وضرِّهم به، في إحسانه إليهم بما يفعلُه بهم، وبما يأمرُهم به. ولهذا لمَّا ذَكَر الأصلَيْن بعد هذا، وأنَّ تقواهم وفجورَهم الذي هو طاعتُهم ومعصيتُهم لا يزيدُ في مُلكه شيئًا ولا ينقُصه، وأنَّ نسبة ما يسألونه كلُّهم إياه فيعطيهم إلى ما عنده كَلا نسبة؛ فتضمَّن ذلك أنه لم يأمرهم ولم يحسن إليهم بإجابة الدَّعوات، وغفران الزلَّات، وتفريج الكُربات، لاستجلاب منفعةٍ، ولا لاستدفاع مَضرَّة، وأنهم لو أطاعوه كلُّهم لم يزيدوا في مُلكه شيئًا، ولو عصَوه كلُّهم لم ينقُصوا من مُلكه شيئًا، وأنه الغنيُّ الحميد.
(١) كذا في الأصول. بحذف النون.

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