Ainsi, toute forme de servitude se ramène finalement à ce qu’exigent les Noms et Attributs divins et y demeure étroitement liée, tout comme la création leur est intrinsèquement rattachée : la création et l’ordre d’Allah – exalté soit-Il – sont l’effet nécessaire de Ses Noms et de Ses Attributs dans l’univers, leur manifestation et leur conséquence. Ce n’est pas que l’obéissance de Ses serviteurs L’embellisse ni que leur désobéissance Le défigure.
Médite, à cet égard, la parole du Prophète ﷺ rapportant de son Seigneur ﵎, dans le hadith authentique : « Ô Mes serviteurs, jamais vous n’atteindrez à Me nuire pour Me nuire, et jamais vous n’atteindrez à M’être utiles pour M’être utiles » (1). Il prononça ces mots juste après avoir dit : « Ô Mes serviteurs, vous fautez nuit et jour, et c’est Moi qui pardonne toutes les fautes ; implorez donc Mon pardon et Je vous pardonnerai. »
Il en ressort que tout ce qu’Allah accomplit envers eux – le pardon de leurs manquements, l’exaucement de leurs prières, la dissipation de leurs angoisses – n’a pas pour but de tirer quelque profit d’eux ni de repousser un tort qu’Il redouterait de leur part, à la différence de la créature qui rend service à autrui pour recevoir un bien comparable ou pour écarter de soi un préjudice.
Le Seigneur – Très-Haut – ne comble donc pas Ses serviteurs de bienfaits afin qu’ils Le récompensent ou qu’ils Le protègent d’un mal. C’est pourquoi Il dit : « Jamais vous n’atteindrez à M’être utiles pour M’être utiles, et jamais vous n’atteindrez à Me nuire pour Me nuire. » Car Je (2) ne guide celui qui cherche la guidée, ne nourris celui qui Me demande à manger, n’habille celui qui Me demande un vêtement, n’abreuve celui qui Me demande à boire, ne pourvois aux besoins de celui qui sollicite Mon secours et ne pardonne à celui qui implore Mon pardon, dans l’espoir que vous Me soyez utiles ou que vous Me protégiez d’un tort ; cela, vous ne pourriez jamais le faire. Je suis, en vérité, le Riche, le Digne de louange.