Voilà l’une des faussetés les plus manifestes, et nous démontrerons, si Allah le veut, dans la seconde partie de cet ouvrage, la nullité de cette doctrine au moyen de plus d’une centaine d’arguments (1).
Si ces gens connaissaient la nature des âmes et les lois qui les régissent, ils sauraient qu’il est impossible d’obéir et d’adorer quelqu’un que l’on n’aime pas (2). Celui qui se contente de revêtir l’apparence de l’obéissance par la seule crainte, sans aucun amour, n’est ni obéissant ni adorateur ; il ressemble plutôt à un contraint ou à ce mauvais salarié qui n’exécute son travail que lorsqu’il est payé, et qui, privé de salaire, se montre ingrat et s’enfuit.
Nous reviendrons bientôt sur ce point, si Allah le veut, pour l’exposer en détail (3).
Il s’ensuit que l’obéissance et l’adoration issues de l’amour de la perfection et de la beauté sont supérieures à celles qui naissent de la simple constatation du bienfait et de la bienfaisance. Il existe un écart immense entre ce qui se rattache au Vivant qui ne meurt jamais et ce qui se rattache à la créature, même si ces deux formes portent toutes deux le nom d’amour. Quelle différence entre celui qui t’aime pour ta personne, tes qualités et ta beauté, et celui qui t’aime pour tes bienfaits et tes pièces d’argent !
Section
Les plus beaux Noms et les attributs sublimes impliquent les formes de servitude qui leur correspondent, de même que l’ordre divin entraîne ses effets dans la création et la formation. À chaque attribut répond donc une adoration particulière qui s’impose et découle de lui ; j’entends par là les devoirs qui procèdent de la connaissance authentique de cet attribut et de la conscience effective que l’on en a (4).