Et le Prophète — que les bénédictions et la paix soient sur lui — se tenait en prière jusqu’à ce que ses pieds se crevassent. On lui dit alors : « Tu fais cela alors que tes fautes passées et futures ont pourtant été pardonnées ? » Il répondit : « Ne serai-je donc pas un serviteur reconnaissant ? » (1). Il limita sa réponse à ce que leurs intelligences pouvaient saisir et leurs esprits concevoir ; car il est manifeste que le mobile qui l’animait dans cette gratitude relève d’une grandeur qui échappe à toute description, qu’aucune formulation ni aucune pensée ne sauraient atteindre.
Où donc se situe ce témoignage intérieur face à la perception des Qadariyya et des Jabriyya ? Que l’homme avisé confronte ces deux tableaux à celui-ci et constate l’immense écart qui les sépare.
Dieu — exalté soit-Il — est adoré, loué et aimé parce qu’Il en est digne et qu’Il y a droit. Bien plus, ce qu’Il mérite de la part de Ses serviteurs dépasse leur pouvoir comme leur volonté, transcende ce que leurs esprits peuvent concevoir ; jamais aucune créature n’a pu L’adorer comme Il le mérite ni Lui rendre Son dû en amour et en louange (2).
C’est pourquoi le meilleur de Ses créatures, le plus accompli, le plus savant à Son sujet, le plus aimé de Lui et le plus obéissant déclara : « Je ne saurais dénombrer Tes louanges » (3). Il enseigna aussi que son propre acte ne suffirait pas à le sauver, disant : « Nul d’entre vous ne sera sauvé par son œuvre. » Ils dirent : « Pas même toi, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Pas même moi, à moins que Dieu ne m’enveloppe de Sa miséricorde et de Sa faveur » (4).
Que les prières et la paix de Dieu soient sur lui autant de fois qu’Il a créé dans le ciel, autant de fois qu’Il a créé sur la terre, autant de fois qu’Il a créé entre les deux et autant de fois qu’Il créera encore.