Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni ne Le louaient, ni ne Le reconnaissaient comme leur divinité. Car Il est Allah, nul dieu en dehors de Lui, avant de les créer, après les avoir créés et après les avoir fait disparaître. Ce n’est pas en les faisant exister ni en leur prescrivant Ses commandements qu’Il a acquis le droit d’être divinisé et loué ; Sa divinité, Sa louange, Sa majesté et Sa parfaite suffisance sont des attributs essentiels qui ne sauraient Le quitter, tout comme Sa vie (1), Son existence, Sa puissance, Sa science et l’ensemble de Ses perfections.

Ainsi, Ses alliés, Ses élus, Son parti, lorsque leurs intelligences et leur fitra (la disposition innée) ont attesté qu’Il mérite l’adoration – fût-ce sans qu’Il leur eût envoyé un messager ni révélé un Livre, et même s’Il n’avait créé ni Paradis ni Enfer – ont compris qu’il n’est rien, pour la raison et la nature, de plus beau que Son adoration ni de plus laid que de se détourner de Lui.

Les messagers vinrent donc, et les Écritures furent révélées, afin de confirmer ce qu’Il – exalté soit-Il – avait déposé dans les natures et les esprits, d’en achever la formation, d’en détailler les implications (2) et d’y ajouter encore beauté sur beauté.

Sa Loi et la fitra se sont trouvées en pleine concordance : elles se correspondent, s’accordent et apparaissent manifestement issues d’une même source lumineuse.

Dès lors, ils L’ont adoré, aimé, magnifié et loué, mus tout à la fois par l’appel de la fitra, celui de la Révélation et celui de la raison. Les appels se sont unis, les interpellant de toutes parts, les conviant vers leur Protecteur, leur Dieu et leur Créateur. Ils sont venus à Lui avec des cœurs sains : aucune ambiguïté n’est venue opposer un doute à Sa parole, aucun désir n’est venu opposer une passion à Son ordre au point de Lui préférer un autre.

Ils ont répondu aux sollicitations de l’amour et de l’obéissance lorsque celles-ci les appelèrent : « Hâtez-vous vers la réussite ! », et ils ont offert leurs vies pour complaire à leur Véritable Maître avec la prodigalité d’un frère généreux ; puis ils ont fait retentir la louange lorsqu’ils sont parvenus au terme

(1) Les manuscrits Qāf et Tāʾ portent la leçon « li-ḥayātihi », qui constitue une altération du texte. (2) Les manuscrits Dāl et Qāf donnent « wa-tafḍīlihi » (avec la consonne pointée), ce qui est également une leçon fautive.
ولم يحمدوه ولم يَأْلَهوه، فهو الله الذي لا إله إلا هو قبل أن يخلقهم وبعد أن خلقهم وبعد أن يفنيهم، لم يَسْتَحْدِث بخلقه لهم ولا بأمره إياهم استحقاقَ الإلهية والحمد، بل إلهيتُه وحمدُه ومجدُه وغِناه أوصافٌ ذاتيةٌ له يستحيلُ مفارقتُها له، كحياته (١) ووجوده وقدرته وعلمه وسائر صفات كماله. فأولياؤه وخاصَّتُه وحِزبُه لمَّا شَهِدت عقولهم وفِطرُهم أنه أهلٌ أن يُعْبَد وإن لم يرسِل إليهم رسولًا ولم ينزِّل عليهم كتابًا، ولو لم يخلُق جنةً ولا نارًا= علموا أنه لا شيء في العقول والفِطر أحسن من عبادته، ولا أقبح من الإعراض عنه. وجاءت الرُّسلُ وأنزلت الكتبُ بتقرير ما استَودع سبحانه في الفِطر والعقول من ذلك، وتكميله، وتفصيله (٢)، وزيادته حُسْنًا إلى حُسْنِه. فاتفقت شريعتُه وفطرتُه، وتطابقَا وتوافقَا، وظهر أنهما من مشكاةٍ واحدة. فعبدُوه وأحبُّوه ومجَّدوه وحمدُوه بداعي الفطرة وداعي الشرع وداعي العقل، فاجتمعَت لهم الدَّواعي ونادتهم من كلِّ جهة، ودَعَتهم إلى وليِّهم وإلههم وفاطرهم، فأقبلوا إليه بقلوبٍ سليمةٍ لم يعارِض خبَره عندها شبهةٌ توجبُ ريبًا وشكًّا، ولا أمرَه شهوةٌ توجبُ رغبتَها عنه وإيثارَها سواه. فأجابوا دواعي المحبة والطَّاعة إذ نادت بهم: حيَّ على الفلاح، وبذلوا أنفسَهم في مرضاة مولاهم الحقِّ بَذْلَ أخي السَّماح، وحَمِدُوا عند الوصول
(١) (ق، ت): «لحياته». تحريف. (٢) (د، ق): «وتفضيله»، بالمعجمة. وهو تحريف.

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