Quant au terme « munībīn », il est à l’accusatif comme complément circonstanciel du complément d’objet ; autrement dit, Il les a créés tournés vers Lui. Or se tourner vers Lui (al-ināba) implique de ne rechercher que Lui par amour exclusif et de se détourner de tout autre.
Dans le Ṣaḥīḥ Muslim (1), il est rapporté de ʿIyāḍ ibn Ḥimār que le Prophète ﷺ a dit : « Allah m’a ordonné de vous enseigner ce que vous ignoriez parmi ce qu’Il m’a appris en cette station : Il a dit : “Tout bien que J’ai accordé à un serviteur est pour lui licite ; et J’ai créé Mes serviteurs ḥunafāʾ – de purs monothéistes –, puis les démons sont venus et les ont détournés de leur religion, leur ordonnant d’associer à Moi ce pour quoi Je n’ai fait descendre aucune preuve, et leur interdisant ce que Je leur avais rendu licite.” »
Ainsi, le Très-Haut nous informe qu’Il a créé Ses serviteurs sur la ḥanīfiyya, laquelle implique l’amour parfait qui Lui est dû, la soumission, l’humilité et l’obéissance totale voués exclusivement à Lui.
Tel est le droit pour lequel ils ont été créés ; c’est par lui que les cieux, la terre et tout ce qu’ils renferment subsistent ; sur lui repose l’univers ; pour lui ont été créés le Paradis et l’Enfer ; pour lui Il a envoyé Ses messagers et fait descendre Ses Écritures ; pour lui Il a anéanti les générations qui s’en sont écartées et ont préféré autre chose.
Le fait qu’Il – exalté soit-Il – soit digne d’être adoré (2), aimé, loué et exalté est une réalité qui Lui appartient par essence ; il ne saurait en être autrement, tout comme Il demeure le Riche, le Tout-Puissant, le Vivant, le Sustentateur, l’Audient, le Voyant.
Il est donc, glorifié soit-Il, le Dieu véritable et manifeste. Or le dieu (ilāh) est Celui qui mérite d’être divinisé par l’amour et la vénération, la crainte et la soumission, l’humilité et l’adoration. Il est le Dieu véritable quand bien même Il n’eût pas créé Ses créatures, et Il est le Dieu véritable quand bien même elles ne L’adoreraient pas.
Il est, en toute vérité, Celui qu’on adore, le Dieu véritable, le Digne de louange, même si l’on supposait que Ses créatures ne L’adorent pas.