Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant au terme « munībīn », il est à l’accusatif comme complément circonstanciel du complément d’objet ; autrement dit, Il les a créés tournés vers Lui. Or se tourner vers Lui (al-ināba) implique de ne rechercher que Lui par amour exclusif et de se détourner de tout autre.

Dans le Ṣaḥīḥ Muslim (1), il est rapporté de ʿIyāḍ ibn Ḥimār que le Prophète ﷺ a dit : « Allah m’a ordonné de vous enseigner ce que vous ignoriez parmi ce qu’Il m’a appris en cette station : Il a dit : “Tout bien que J’ai accordé à un serviteur est pour lui licite ; et J’ai créé Mes serviteurs ḥunafāʾ – de purs monothéistes –, puis les démons sont venus et les ont détournés de leur religion, leur ordonnant d’associer à Moi ce pour quoi Je n’ai fait descendre aucune preuve, et leur interdisant ce que Je leur avais rendu licite.” »

Ainsi, le Très-Haut nous informe qu’Il a créé Ses serviteurs sur la ḥanīfiyya, laquelle implique l’amour parfait qui Lui est dû, la soumission, l’humilité et l’obéissance totale voués exclusivement à Lui.

Tel est le droit pour lequel ils ont été créés ; c’est par lui que les cieux, la terre et tout ce qu’ils renferment subsistent ; sur lui repose l’univers ; pour lui ont été créés le Paradis et l’Enfer ; pour lui Il a envoyé Ses messagers et fait descendre Ses Écritures ; pour lui Il a anéanti les générations qui s’en sont écartées et ont préféré autre chose.

Le fait qu’Il – exalté soit-Il – soit digne d’être adoré (2), aimé, loué et exalté est une réalité qui Lui appartient par essence ; il ne saurait en être autrement, tout comme Il demeure le Riche, le Tout-Puissant, le Vivant, le Sustentateur, l’Audient, le Voyant.

Il est donc, glorifié soit-Il, le Dieu véritable et manifeste. Or le dieu (ilāh) est Celui qui mérite d’être divinisé par l’amour et la vénération, la crainte et la soumission, l’humilité et l’adoration. Il est le Dieu véritable quand bien même Il n’eût pas créé Ses créatures, et Il est le Dieu véritable quand bien même elles ne L’adoreraient pas.

Il est, en toute vérité, Celui qu’on adore, le Dieu véritable, le Digne de louange, même si l’on supposait que Ses créatures ne L’adorent pas.

(1) Ḥadith n° 2865 ; l’auteur en a légèrement remanié et abrégé la formulation. (2) Dans l’édition T, on lit : « fa-innahu subḥanahu ahlun an yuʿbada » (car Il, glorifié soit-Il, est digne d’être adoré).
و ﴿مُنِيبِينَ﴾ نُصِبَ على الحال من المفعول، أي: فَطَرهم منيبين إليه. والإنابةُ إليه تتضمَّنُ الإقبالَ عليه بمحبته وحده والإعراض عمَّا سواه. وفي «صحيح مسلم» (١) عن عِيَاض بن حِمَار، عن النبيِّ ﷺ قال: «إنَّ الله أمرني أن أعلِّمكم ما جهلتم مما علَّمني في مقامي هذا ــ أنه قال ــ: كلُّ مالٍ نَحَلتُه عبدًا فهو له حلال، وإني خلقتُ عبادي حنفاء فأتتهم الشياطينُ فاجتالتهم عن دينهم، وأمرَتْهم أن يشركوا بي ما لم أنزِّل به سلطانًا، وحرَّمَت عليهم ما أحللتُ لهم»؛ فأخبر سبحانه أنه إنما خلق عبادَه على الحنيفيَّة المتضمِّنة لكمال حبِّه، والخضوع له، والذُّلِّ له، وكمال طاعته وحده دونَ غيره. وهذا من الحقِّ الذي خُلِقَت له، وبه قامت السَّمواتُ والأرض وما بينهما، وعليه قام العالم، ولأجله خُلِقت الجنةُ والنَّار، ولأجله أرسَل رسلَه وأنزل كتبَه، ولأجله أهلَك القرونَ التي خرجت عنه وآثرت غيرَه. فكونُه سبحانه أهلًا أن يُعْبَد (٢) ويُحَبَّ ويُحْمَد ويُثنى عليه أمرٌ ثابتٌ له لذاته، فلا يكونُ إلا كذلك، كما أنه الغنيُّ القادرُ الحيُّ القيُّومُ السَّميعُ البصير، فهو سبحانه الإلهُ الحقُّ المبين، والإلهُ هو الذي يستحقُّ أن يُؤْلَه محبةً وتعظيمًا، وخشيةً وخضوعًا، وتذلُّلًا وعبادة، فهو الإلهُ الحقُّ ولو لم يخلُق خلقَه، وهو الإلهُ الحقُّ ولم لم يعبدوه. فهو المعبودُ حقًّا، الإلهُ حقًّا، المحمودُ حقًّا، ولو قُدِّر أنَّ خلقَه لم يعبدوه
(١) (٢٨٦٥). وفي سياق المصنف تصرُّفٌ يسيرٌ واختصار. (٢) (ت): «فإنه سبحانه أهل أن يعبد».

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