Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De plus, rien n’est plus cher à Allah – exalté soit-Il – chez Son serviteur que de Le voir se tenir devant Lui dans l’humilité : qu’il s’abaisse, qu’il ressente sa dépendance, qu’il se brise de cœur et qu’il Le supplie.

Or, il est évident que cet état exigé du serviteur ne se réalise qu’au moyen des causes qui le produisent, et l’existence même de ces causes dans le séjour où règnent la félicité absolue et la santé parfaite est impossible, car cela reviendrait à réunir deux contraires.

De plus, à Lui appartiennent la création et le commandement. Or le « commandement » désigne Sa loi, Ses prescriptions, la religion qu’Il a confiée à Ses messagers et révélée dans Ses Écritures. Le Paradis n’est pas une demeure de charge légale : on n’y est plus soumis aux obligations ni à leurs implications ; il s’agit d’un séjour de délices et de jouissance. Sa sagesse – glorifié soit-Il – a donc voulu qu’Adam (1) et sa descendance soient transférés vers un domaine où s’appliquent les injonctions de Sa religion et de Son ordre, afin que se manifestent en eux les exigences et les conséquences de ce commandement. De même, en effet, que Ses actes et Sa création découlent nécessairement de la perfection de Ses plus beaux noms et attributs sublimes, de même Son ordre, Sa loi et tout ce qui en découle comme récompense ou châtiment procèdent de cette même perfection.

Allah – qu’Il soit exalté – a indiqué cette réalité à plusieurs endroits de Son Livre. Il dit : « L’homme s’imagine-t-il qu’on le laissera livré à lui-même ? » (La Résurrection, 75 : 36), c’est-à-dire : négligé, abandonné, sans qu’aucun ordre ni interdiction ne lui parvienne, sans rétribution ni châtiment.

Cela montre que prétendre le contraire contredirait la perfection de Sa sagesse ; Sa seigneurie, Sa puissance et Sa sagesse l’excluent formellement. Voilà pourquoi Il a formulé cette parole sous forme de blâme pour quiconque le soutiendrait. Il en ressort que la justesse de cette vérité est ancrée dans la nature et la raison humaines, et que la laideur de laisser l’être humain sans obligation, livré à lui-même, est tout aussi fermement inscrite dans

(1) Les manuscrits T et Q lisent : « istikhrâj Adam » (l’extraction d’Adam). (2) Cette formulation n’existe pas dans les versions de base ; le contexte la rend néanmoins indispensable.
* وأيضًا؛ فإنه سبحانه لا شيء أحبَّ إليه من العبد مِنْ تذلُّله بين يديه، وخضوعه وافتقاره، وانكساره وتضرُّعه إليه. ومعلومٌ أنَّ هذا المطلوبَ من العبد إنما يتمُّ بأسبابه التي يتوقَّف عليها، وحصولُ هذه الأسباب في دار النعيم المطلق والعافية الكاملة ممتنع؛ إذ هو مستلزمٌ للجمع بين الضدَّين. * وأيضًا؛ فإنه سبحانه له الخلقُ والأمر، والأمرُ هو شرعُه وأمرُه ودينُه الذي بعث به رسلَه، وأنزل به كتبه، وليست الجنةُ دار تكليفٍ تجري عليهم فيها أحكامُ التكليف ولوازمُها، وإنما هي دارُ نعيمٍ ولذَّة؛ فاقتضت حكمتُه سبحانه إخراجَ آدمَ (١) وذريَّته إلى دارٍ تجري عليهم [فيها] (٢) أحكامُ دينه وأمره؛ ليظهرَ فيهم مقتضى الأمر ولوازمُه؛ فإنَّ الله سبحانه كما أنَّ أفعاله وخلقَه من لوازم كمال أسمائه الحسنى وصفاته العلى، فكذلك أمرُه وشرعُه وما يترتبُ عليه من الثواب والعقاب. وقد أرشدَ سبحانه إلى هذا المعنى في غير موضعٍ من كتابه، فقال تعالى: ﴿أَيَحْسَبُ الْإِنْسَانُ أَنْ يُتْرَكَ سُدًى﴾ [القيامة: ٣٦]، أي: مهملًا معطَّلًا لا يؤمرُ ولا يُنهى، ولا يثابُ ولا يعاقَب. وهذا يدلُّ على أنَّ هذا منافٍ لكمال حكمته، وأنَّ ربوبيته وعزَّته وحكمته تأبى ذلك، ولهذا أخرجَ الكلامَ مخرجَ الإنكار على من زعم ذلك، وهو يدلُّ على أنَّ حُسْنَه مستقرٌّ في الفِطر والعقول، وقُبحَ تركه سدًى معطَّلًا مستقرٌّ في
(١) (ت، ق): "استخراج آدم". (٢) ليست في الأصول. والسياق يقتضيها.

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