Ces deux voies, comme tu le vois ! Il te suffit, pour saisir leur fausseté et leur corruption, de ce qu’établissent la raison limpide et la révélation authentique.
• En dehors de ces deux chemins, les hommes n’en connaissent qu’un troisième : celui de ceux qui se tiennent hors des religions et des adeptes des envoyés. Ceux-là considèrent que les lois révélées ne sont que des codes établis pour assurer l’intérêt des gens et l’organisation de leur subsistance ; leur utilité, disent-ils, réside dans le perfectionnement de la faculté pratique de l’âme et dans son dressage, afin qu’elle s’élève au-dessus de la condition animale et se prépare à devenir le réceptacle de la philosophie suprême et de la sagesse. Or, cette voie est étrangère aux sentiers des prophètes et aux nations qui les suivent (1).
• Quant aux disciples des messagers, ces clairvoyants, la sagesse d’Allah ﷿ dans les obligations qu’Il leur a prescrites est pour eux plus sublime et plus auguste que tout ce que l’esprit peut imaginer ou que la langue peut exprimer. Ils témoignent, à Son propos, de sagesses éclatantes et de secrets immenses, bien plus nombreux que ceux qu’ils observent dans les créatures et dans les mystères et perfections qu’elles renferment. Ils savent, en outre, qu’il n’existe aucune commune mesure entre ce qu’Il – exalté soit-Il – leur a dévoilé et ce qu’Il a tenu caché pour Lui seul ; Sa sagesse dans Ses ordres, Ses interdictions et les obligations qu’Il leur assigne dépasse de loin ce que les intelligences humaines peuvent supporter. Ils L’adorent donc à travers Ses commandements et Ses interdictions, parce qu’Il est digne d’être adoré, digne que tout l’amour et toute l’adoration soient exclusivement voués à Lui, fût-ce qu’Il n’eût créé ni Paradis ni Enfer, ni établi récompense ni châtiment ; Il serait encore digne d’être adoré autant qu’il est possible aux créatures de Le faire.
Dans certains récits divins, il est dit : « Si Je n’avais créé ni Paradis ni Enfer, ne serais-Je pas digne que… »