Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

car cela contredit la sagesse ; nous l’avons déjà montré un peu plus haut (1). Laisser les créatures livrées à elles-mêmes, sans guide ni loi, relève certes de la toute-puissance du Seigneur — exalté soit-Il —, mais le fait qu’Il en soit capable n’implique nullement que cette éventualité ne puisse entrer en conflit avec une autre de Ses possibles, celle qui consiste à leur imposer des obligations, à leur adresser des ordres et des interdictions.

Quarante-septième point. — Vous dites : « Il ne se pare pas de leur obéissance et leur désobéissance ne L’entache pas. »

Nous répondons : qui donc a contesté cela ? Cependant, la perfection même du taklîf (l’imposition d’obligations) ne l’abolit pas : Allah ne les charge que comme Celui que l’on ne saurait atteindre pour Lui nuire ni approcher pour Le favoriser. Quand bien même ils auraient tous le cœur aussi pieux que celui du plus pieux d’entre eux, Sa royauté n’en serait pas accrue d’un iota ; et s’ils avaient tous le cœur aussi pervers que celui du plus pervers d’entre eux, Sa royauté n’en serait pas diminuée pour autant (2).

C’est ici que les voies des hommes divergent quant à la cause et à la sagesse du taklîf, alors même que, Lui, glorifié soit-Il, ne retire aucun profit de leur obéissance et que leur désobéissance ne Lui nuit en rien :
— Les jabarites ont suivi la route qui leur est coutumière : tout procède, selon eux, de la pure volonté d’Allah ; il n’existe donc ni cause déterminante ni motif incitatif autres que ce pur vouloir.
— Les qadarites, pour leur part, soutiennent que le taklîf est une sorte de contrat d’embauche conclu par Allah avec Ses serviteurs afin qu’ils méritent leur salaire par l’action ; la récompense ainsi acquise serait plus douce que celle accordée sans effort, car recevoir un don sans l’avoir mérité viendrait troubler la grâce.

(1) Voir p. 1070. (2) Lecture conforme aux manuscrits de référence : la lettre n (nûn) y est omise.
لمنافاته الحكمة؛ وقد بيَّنَّا ذلك قريبًا (١)، فيكون تركُهم همَلًا وسُدًى مقدورًا للرَّبِّ تعالى لا يقتضي معارضته لمقدوره الآخَر مِنْ تكليفهم وأمرهم ونهيهم. الوجه السابع والأربعون: قولكم: «إذ لا يتزيَّنُ منهم بطاعةٍ ولا تَشِينُه معصيتُهم». قلنا: ومن الذي نازع في هذا؟! ولكنَّ حُسْنَ التكليف لا ينفي ذلك عن الرَّبِّ تعالى، وأنه إنما يكلِّفهم تكليفَ من لا يبلغوا ضرَّه فيضرُّوه ولا يبلغوا (٢) نفعَه فينفعوه، وأنهم لو كانوا كلُّهم على أتقى قلب رجلٍ واحدٍ منهم ما زاد ذلك في ملكه شيئًا، ولو كانوا على أفجر قلب رجلٍ واحدٍ منهم ما نقَص ذلك من ملكه شيئًا. وهاهنا اختلفت الطُّرقُ بالنَّاس في علَّة التكليف وحكمته، مع كونه سبحانه لا ينتفِعُ بطاعتهم، ولا تضرُّه معصيتُهم: * فسلكت الجبريَّة مسلكها المعروف، وأنَّ ذلك صادرٌ عن محض المشيئة وصِرْف الإرادة، وأنه لا علَّة له ولا ما يحثُّ عليه سوى محض الإرادة. * وسلكت القَدَرِيَّة مسلكها المعروف، وهو أنَّ ذلك استئجارٌ منه لعبيده، لينالوا أجرَهم بالعمل، فيكون ألذَّ من اقتضائهم الثَّوابَ بلا عمل، لما فيه من تكدير المِنَّة.
(١) (ص: ١٠٧٠). (٢) كذا في الأصول، بحذف النون.

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