– La première : qu’Il les astreigne au devoir, leur ordonnant et leur interdisant, si bien qu’ils Lui obéissent ou Lui désobéissent, puis qu’Il les récompense ou les châtie.
– La seconde : qu’Il ne leur impose aucune obligation, puisqu’Il ne tire aucun ornement de leur obéissance et que leur désobéissance ne L’entache pas.
Or, si ces deux options se trouvaient en collision dans le domaine de la raison (1), comment l’intellect serait-il capable d’opter pour l’une d’elles comme étant la vérité ? Comment nous ferait-il connaître ce qui est obligatoire pour l’âme par la connaissance, pour les membres par l’obéissance, et envers le Seigneur — exalté soit-Il — par la rétribution ? » (2)
On vous répond : par la louange d’Allah, les deux propositions ne s’opposent nullement, car la raison reconnaît la laideur de l’une et la beauté de l’autre. Comment pourrait-on donc soutenir que leur simple possibilité s’équivaut dans l’esprit et qu’elles se rapportent au Seigneur — exalté soit-Il — de la même manière ?
Seules des éventualités parfaitement équivalentes, entre lesquelles rien ne fait pencher la balance, peuvent véritablement entrer en concurrence. Quant au beau et au laid, jamais l’intellect n’a admis leur égalité.
Nous avons d’ores et déjà démontré, de façon irréfutable, la laideur qu’il y aurait à laisser les créatures à l’abandon, telles des bêtes en pâture, et la beauté qu’il y a à leur adresser commandements et interdictions pour réformer leur vie d’ici-bas et de l’au-delà. Comment, dès lors, prétendre que ces deux éventualités sont pour la raison sur le même plan, qu’elles s’opposent et qu’elles s’équilibrent lorsqu’on les rapporte au plus Sage des juges ?
Si l’on objecte : « Leur opposition ne concerne que le domaine du possible, puisque la puissance divine s’étend à l’une comme à l’autre »,
Nous répondrons : il a déjà été établi que, du seul fait qu’une chose entre dans le pouvoir divin, il ne s’ensuit pas qu’elle ne puisse être impossible (au regard de la sagesse). (3)