Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et si tous, sans exception, jouissaient des mêmes grâces et de la même pleine santé, celui qui en est comblé n’en connaîtrait pas la valeur et n’en offrirait pas la gratitude ; car il ne verrait personne dans une situation différente de la sienne.

Or, l’un des motifs les plus puissants – et des plus propres à arracher la reconnaissance au serviteur – est qu’il constate chez autrui l’état contraire à la perfection et à la réussite qui sont les siennes.

Selon la tradition bien connue, lorsque Allah, — glorifié soit-Il — fit voir à Adam — sur lui la paix — sa descendance et la disparité de leurs rangs (1), celui-ci s’écria : « Seigneur ! Pourquoi n’as-Tu pas mis Tes serviteurs sur un pied d’égalité ? » Il répondit : « J’aime que l’on Me rende grâce. » (2)

Ainsi, Son amour — exalté soit-Il — pour être remercié a voulu qu’Il crée les causes grâce auxquelles la gratitude des reconnaissants atteint son degré le plus élevé et le plus accompli ; telle est l’essence même de la sagesse découlant de Son attribut de louange.

(1) (H, N) : « …il contempla leur disparité et la différence de leurs degrés. » (2) Rapporté par ‘Abd Allah b. Ahmad dans les Zawāʾid al-Musnad (5/135), par at-Tabarî dans son Tafsîr (13/238), par al-Firyâbî dans al-Qadar (p. 51-52), par Ibn Mandah dans al-Radd ʿalā al-Jahmiyya (p. 30), par Ibn ʿAbd al-Barr dans at-Tamhîd (18/91), et par d’autres, avec des chaînes fiables s’arrêtant à Ubayy b. Kaʿb (mawqûf) dans un long récit. Al-Hâkim l’a déclaré authentique dans al-Mustadrak (2/323) sans que adh-Dhahabî ne le conteste, et ad-Diyâʾ l’a repris dans al-Mukhtâra (3/364). Voir également : ar-Rûḥ, du même auteur (p. 435, 445). Un récit analogue attribué à Abû Hurayra figure chez Ibn Abî Hâtim dans son Tafsîr, mais il n’est pas sûr ; cf. Tafsîr Ibn Kathîr (4/1508). Enfin, il a aussi été rapporté sous forme mursal par al-Hasan al-Basrî chez ʿAbd al-Razzâq dans al-Musannaf (10/424), chez Ibn Abî Shayba (13/508) et chez Ibn Abî Dunyâ dans al-Shukr (p. 165), par divers itinéraires.
ولو تساووا جميعُهم في النعمة والعافية لم يعرِف صاحبُ النعمة قدرَها، ولم يبذل شكرَها إذ لا يرى أحدًا إلا في مثل حاله. ومن أقوى أسباب الشكر وأعظمها استخراجًا له من العبد: أن يرى غيرَه في ضدِّ حاله الذي هو عليها من الكمال والفلاح. وفي الأثر المشهور: أنَّ الله سبحانه لما أرى آدمَ ــ ﵇ ــ ذريتَه، وتفاوتَ مراتبهم (١)، قال: يا ربِّ! هلَّا سوَّيتَ بين عبادك. قال: "إني أحبُّ أن أُشْكَر" (٢). فاقتضت محبتُه سبحانه لأن يُشْكَر خَلْقَ الأسباب التي يكونُ شكرُ الشَّاكرين عندها أعظمَ وأكمل، وهذا هو عينُ الحكمة الصَّادرة عن صفة الحمد.
(١) (ح، ن): "فرأى تباينهم وتفاوت مراتبهم". (٢) أخرجه عبد الله بن أحمد في "زوائد المسند" (٥/ ١٣٥)، والطبري في "التفسير" (١٣/ ٢٣٨)، والفريابي في "القدر" (٥١، ٥٢)، وابن منده في "الرد على الجهمية" (٣٠)، وابن عبد البر في "التمهيد" (١٨/ ٩١)، وغيرهم من طرقٍ يصحُّ بها عن أبيِّ ابن كعبٍ موقوفًا في سياقٍ طويل. وصححه الحاكم في "المستدرك" (٢/ ٣٢٣) ولم يتعقبه الذهبي، وخرَّجه الضياء في "المختارة" (٣/ ٣٦٤). وانظر: "الروح" للمصنف (٤٣٥، ٤٤٥). وروي نحوه من حديث أبي هريرة عند ابن أبي حاتم في "التفسير"، ولا يصحُّ. انظر: "تفسير ابن كثير" (٤/ ١٥٠٨). وروي من مرسل الحسن البصري عند عبد الرزاق في "المصنف" (١٠/ ٤٢٤)، وابن أبي شيبة (١٣/ ٥٠٨)، وابن أبي الدنيا في "الشكر" (١٦٥) من طرق.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies