Et si tous, sans exception, jouissaient des mêmes grâces et de la même pleine santé, celui qui en est comblé n’en connaîtrait pas la valeur et n’en offrirait pas la gratitude ; car il ne verrait personne dans une situation différente de la sienne.
Or, l’un des motifs les plus puissants – et des plus propres à arracher la reconnaissance au serviteur – est qu’il constate chez autrui l’état contraire à la perfection et à la réussite qui sont les siennes.
Selon la tradition bien connue, lorsque Allah, — glorifié soit-Il — fit voir à Adam — sur lui la paix — sa descendance et la disparité de leurs rangs (1), celui-ci s’écria : « Seigneur ! Pourquoi n’as-Tu pas mis Tes serviteurs sur un pied d’égalité ? » Il répondit : « J’aime que l’on Me rende grâce. » (2)
Ainsi, Son amour — exalté soit-Il — pour être remercié a voulu qu’Il crée les causes grâce auxquelles la gratitude des reconnaissants atteint son degré le plus élevé et le plus accompli ; telle est l’essence même de la sagesse découlant de Son attribut de louange.