Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Trente-neuvième aspect : vous affirmez : « Les obligations rationnelles, dans le fondement même de la charge religieuse, reposent sur des principes qui se contredisent. » (1)

Nous disons : qu’Allah nous préserve d’une telle contradiction ! Leurs racines, au contraire, sont parfaitement concordantes ; leur beauté est fermement établie dans les intelligences et dans les dispositions innées, où elle a été implantée. Jamais Allah n’a légiféré une chose à propos de laquelle l’intellect sain eût souhaité qu’Il prescrivît son contraire. La véritable opposition n’existe qu’entre la raison et le caprice : la raison reconnaît la beauté de ces obligations, y convie, et ordonne de s’y conformer – parfois dans leur globalité, parfois dans le détail – tandis que le désir et la passion invitent la plupart du temps à les contrecarrer.

Ainsi, l’affrontement se produit entre les exigences de la raison et celles du désir. Allah n’a placé ni dans l’intellect ni dans la nature primordiale le rejet de ce qu’Il ordonne, ni l’agrément de ce qu’Il défend. Mais lorsque le caprice incline vers ce qui s’oppose à Son commandement et à Sa défense, la raison se trouve alors faite prisonnière (3) du désir, dominée par sa poigne et soumise à son empire.

Quarantième aspect : vous dites : « Nous vous mettons au défi de manifester la beauté, tant rationnelle que légale, du fondement même de l’obligation et de la charge religieuse. » (4)

Nous répondons : Par Allah, quelle chose étonnante ! Le commandement qu’Allah – exalté soit-Il – adresse à Ses serviteurs, commandement qui réalise l’ultime perfection de leur salut et de leur bonheur en ce bas-monde comme dans l’au-delà, ainsi que Son interdiction de ce qui conduit à leur perte et à leur malheur dans

(1) Al-Juwaynî, Nihayat al-aqdam, p. 384. Les manuscrits consultés ont altéré la phrase et donnent : « Fawâjib al-ʿuqul fî aṣl at-taklîf muʿâraḍat al-uṣûl ». (2) Le manuscrit T lit muʿâraḍatihâ (« sa contradiction »), tandis que Q et D portent taʿâruḍuhumâ (« leur opposition ») ; ces lectures sont fautives. (3) Q et D proposent maʾmûran (« prescrit »), T donne maknûzan (« enfoui »). La leçon retenue paraît la plus correcte ; cf. Ṭarîq al-hijratayn, p. 441. (4) Al-Juwaynî, Nihayat al-aqdam, p. 384.
الوجه التاسع والثلاثون: قولكم: «مَواجِبُ العقول في أصل التكليف متعارضةُ الأصول» (١). فيقال: معاذَ الله من تعارضها (٢)، بل هي متفقةُ الأصول، مستقرٌّ حُسْنُها في العقول والفِطر، مركوزٌ ذلك فيها، فما شَرَع اللهُ شيئًا فقال العقلُ السَّليم: ليته شرع خلافَه. بل هي متعارضةٌ بين العقل والهوى، فالعقلُ يقتضي حُسْنَها ويدعو إليها، ويأمرُ بمتابعتها جملةً في بعضها وجملةً وتفصيلًا في بعض، والهوى والشهوةُ قد يدعوان غالبًا إلى خلافها. فالتعارضُ واقعٌ بين مَواجِب العقول ومَواجِب الهوى، وما جعل الله في العقل ولا في الفطرة استقباحَ ما أمَر به، ولا استحسانَ ما نهى عنه، وإن مال الهوى إلى خلاف أمره ونهيه فالعقلُ حينئذٍ يكونُ مأسورًا (٣) مع الهوى، مقهورًا في قبضته، وتحت سلطانه. الوجه الأربعون: قولكم: «نطالبكم بإظهار وجه الحُسن في أصل التكليف والإيجاب عقلًا وشرعًا» (٤). فيقال: يا لله العجب! أيحتاجُ أمرُ الله تعالى لعباده بما فيه غايةُ صلاحهم وسعادتهم في معاشهم ومعادهم، ونهيُه لهم عمَّا فيه هلاكهم وشقاؤهم في
(١) «نهاية الأقدام» (٣٨٤). وتحرَّف النص في الأصول إلى: «فواجب العقول في أصل التكليف معارضة الأصول». (٢) (ت): «معارضتها». (ق، د): «تعارضهما». وهو تحريف. (٣) (ق، د): «مأمورا». (ت): «مكنوزا». والمثبت أشبه بالصواب. انظر: «طريق الهجرتين» (٤٤١). (٤) «نهاية الأقدام» (٣٨٤).

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