Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Trente-huitième aspect : vous dites : « Les deux actes, quant aux attributs psychiques, ne font qu’un ; comment donc l’un peut-il être blâmable lorsqu’il émane d’un agent, et le second louable lorsqu’il vient d’un autre ? » (1)

Nous répondons : cette assertion est d’une fausseté et d’une corruption analogues, mais plus graves encore, que celles qui précèdent. Ce serait comme dire : « L’homicide perpétré par l’agresseur et celui exécuté par le justicier appliquant la loi du talion sont, du point de vue des attributs psychiques, un seul et même acte ; comment l’un serait-il répréhensible et l’autre méritoire ? » (2) Ou encore : « La prosternation devant Allah et la prosternation devant une idole constituent, sous le même angle, un seul et même geste ; comment l’une serait-elle louable et l’autre blâmable ? » Y a-t-il illusion plus insensée que cette chimère ?

Jamais Allah n’a considéré ces actes comme équivalents. Le fait qu’Il fasse mourir Son serviteur n’est en rien comparable, quant aux attributs psychiques, à l’homicide commis par une créature ; de même, lorsqu’Il affame, dévêt ou éprouve quelqu’un, cela ne saurait être mis sur le même plan que l’agression qu’une créature inflige à une autre. Prétendre à cette égalité est mensonge et erreur ; la disparité entre ces actes est extrême. L’intelligence saine et la nature innée peuvent-elles vraiment confondre l’acte d’Allah et celui d’une créature ?

Ô merveille ! Parce qu’ils partagent un nom commun – « acte » –, vous les jugez désormais identiques dans leurs attributs psychiques. Croyez-vous (3) que cette égalité découle réellement de la nature des deux actes ? Ce qui a engendré cette chimère pernicieuse, c’est l’unicité du sujet visé et le fait que les deux actes le touchent ; mais cela prouve-t-il qu’ils se valent intérieurement ?

Les fondations d’une question bâtie sur un tel rebord vacillent jusqu’à la ruine : c’est le bord friable d’un ravin prêt à s’effondrer. Et c’est d’Allah que l’on implore le secours.

(1) Voir p. 983. (2) Le segment allant de « il est dit… » jusqu’ici est absent du manuscrit (Q). (3) Non vocalisé dans (D) ; Ibn Bardas l’a retranscrite comme à son habitude pour les passages difficiles.
الوجه الثامن والثَّلاثون: قولكم: «الفعلان من حيث الصِّفات النفسيَّة واحدٌ، فكيف يقبُح أحدُهما من فاعلٍ ويحسُن الآخر من فاعل» (١). فيقال: هذا في البطلان والفساد مِنْ جنس ما قبله وأبطَلُ، وهو بمنزلة أن يقال: القتلُ من المعتدي ومن المُقْتَصِّ من حيث الصفات النفسيَّة واحدٌ، فكيف يقبُح أحدُهما ويحسُن الآخر؟! (٢)، وبمنزلة أن يقال: السُّجودُ لله والسُّجودُ للصَّنم واحدٌ من حيث الصِّفات النفسيَّة، فكيف يقبُح أحدُهما ويحسُن الآخر؟! وهل في الباطل أبطَلُ من هذا الوهم؟! فما جعَل الله ذلك واحدًا أصلًا، وليس إماتةُ الله لعبده مثلَ قتل المخلوق له، ولا إجاعتُه وإعراؤه وابتلاؤه مساويًا في الصِّفات النفسيَّة لفعل المخلوق بالمخلوق ذلك، ودعوى التَّساوي كذبٌ وباطل، فلا أعظمَ من التَّفاوت بينهما، وهل يستوي عند العقل والفطرة فعلُ الله وفعلُ المخلوق؟! فيا لله العَجب! إن تناولهما اسمُ الفعل المشترك صارا سواءً في الصِّفات النفسيَّة، أترى (٣) حصل لهما هذا التَّساوي من جهة الفعلَيْن، والذي أوجبَ هذا الخيال الفاسد اتحادُ المحلِّ وتعلُّق الفعلَيْن به، وهل يدلُّ هذا على استواء الفعلَيْن في الصِّفات النفسيَّة؟! ولقد وَهَتْ أركانُ مسألةٍ بُنِيَت على هذا الشَّفا، فإنه شَفَا جُرُفٍ هار، والله المستعان.
(١) انظر: (ص: ٩٨٣). (٢) من قوله: «فيقال ... » إلى هنا ساقط من (ق). (٣) غير محررة في (د)، رسمها ابن بردس رسمًا على عادته في المشكلات.

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