Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De même qu’Il, exalté soit-Il, mérite la louange pour Sa bienfaisance, Sa bonté, Sa faveur et Sa rétribution, Il la mérite aussi pour Sa justice, Sa riposte et Son châtiment, car la source (1) de tout cela réside dans Sa toute-puissance et Sa sagesse.

C’est pourquoi Allah – glorifié soit-Il – attire fréquemment l’attention sur cette vérité. Ainsi, dans la sourate ash-Shu‘arâ’, Il répète, à la fin de chaque récit des envoyés et de leurs peuples : « Il y a là un signe, mais la plupart d’entre eux ne croient pas (8). Et ton Seigneur est, certes, le Tout-Puissant, le Très-Miséricordieux » [ash-Shu‘arâ’ : 8-9]. Il informe ainsi que tout cela procède de Sa puissance, qui implique la perfection de Sa capacité, et de Sa sagesse, qui implique la perfection de Sa science et le fait de placer chaque chose à la place qui lui convient (2). Il n’a donc accordé Sa faveur et le salut (3) à Ses messagers et à leurs partisans, ni manifesté Sa vengeance et anéanti leurs ennemis, qu’en des circonstances qui leur étaient appropriées, en raison de la perfection de Sa puissance et de Sa sagesse.

Aussi, après avoir relaté Son jugement entre les gens de félicité et ceux de damnation, et le sort de chacun vers les demeures qui seuls leur conviennent et que Sa sagesse exige, Il a dit : « Et il fut statué entre eux avec équité, et l’on proclama : “Louange à Allah, Seigneur des mondes.” » [az-Zumar : 75].

Par ailleurs, Sa sagesse et Sa louange ont voulu qu’Il distingue Ses serviteurs par les écarts les plus grands et les plus manifestes, afin que soient reconnaissants ceux sur qui Sa grâce et Sa faveur se sont clairement répandues, qu’ils sachent qu’ils ont été comblés de bienfaits et spécialement honorés, à la différence des autres.

(1) Le manuscrit Q lit : « idh yasdur ». (2) Telle est la leçon des manuscrits, mais c’est une inadvertance de l’auteur ; le verset ne parle pas de ḥikma (sagesse) mais de raḥma (miséricorde). Il le corrige lui-même dans Shifâʾ al-ʿAlîl, p. 562, et Madârij as-Sâlikîn, 3/492 : « La survenue de cette destruction relève de Sa puissance, tandis que ce salut procède de Sa miséricorde. » (3) Les manuscrits portent « wa najâtihi » (« et sa délivrance »), alors que l’auteur a probablement écrit « wa injâʾihi » (« et son sauvetage »). L’antonyme de ihlâk (destruction) est bien injâʾ (sauvetage). Cf. Madârij, passage cité.
فكما أنه سبحانه محمودٌ على إحسانه وبرِّه، وفضله وثوابه، فهو محمودٌ على عدله وانتقامه وعقابه، إذ مَصْدَرُ (١) ذلك كلِّه عن عزَّته وحكمته. ولهذا ينبِّه ﷾ على هذا كثيرًا، كما في سورة الشعراء، حيث يذكرُ في آخرِ كلِّ قصَّةٍ من قصص الرسل وأممهم: ﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَةً وَمَا كَانَ أَكْثَرُهُمْ مُؤْمِنِينَ (٨) وَإِنَّ رَبَّكَ لَهُوَ الْعَزِيزُ الرَّحِيمُ﴾ [الشعراء: ٨ - ٩]؛ فأخبر سبحانه أنَّ ذلك صادرٌ عن عزَّته المتضمِّنة كمالَ قدرته، وحكمته المتضمِّنة كمالَ علمه ووضعه الأشياءَ مواضعها اللائقة بها (٢). فما وَضعَ نعمتَه وإنجاءه (٣) لرسله ولأتباعهم، ونقمتَه وإهلاكَه لأعدائهم، إلا في محلِّها اللائق بها؛ لكمال عزَّته وحكمته. ولهذا قال سبحانه عقبَ إخباره عن قضائه بين أهل السَّعادة والشَّقاوة، ومصير كلٍّ منهم إلى ديارهم التي لا يليقُ بهم غيرُها، ولا تقتضي حكمتُه سواها: ﴿وَقُضِيَ بَيْنَهُمْ بِالْحَقِّ وَقِيلَ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ [الزمر: ٧٥]. * وأيضًا؛ فإنه سبحانه اقتضت حكمتُه وحمدُه أنْ فاوتَ بين عباده أعظمَ تفاوتٍ وأبينَه؛ ليشكره منهم من ظهرت عليه نعمتُه وفضلُه، ويعرفَ أنه قد حُبِيَ بالإنعام، وخُصَّ دونَ غيره بالإكرام.
(١) (ق): "إذ يصدر". (٢) كذا في الأصول. وهو سهوٌ من المصنف؛ فليس في الآية ذكرٌ للحكمة، وإنما هي الرحمة. وتنبَّه لذلك في "شفاء العليل" (٥٦٢)، و"مدارج السالكين" (٣/ ٤٩٢)، فقال: "فصدور هذا الإهلاك عن عزته وذلك الإنجاء عن رحمته". (٣) في الأصول: "ونجاته". كأن المصنف رسمها: "وإنجائه". والإهلاك يقابله: الإنجاء. وانظر: "المدارج" (الموضع السابق).

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