Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Les serviteurs qu’Allah a gratifiés de Sa réussite ont donc saisi Son intention et Sa sagesse ; ils se sont limités à ce que leur intelligence et leur savoir leur permettaient d’atteindre et ont rapporté la part qui leur demeurait cachée au plus Sage des juges, à Celui qui sait toute chose. Forts de la part de Sa sagesse – si éclatante qu’elle éblouit les esprits – qu’ils avaient comprise, ils ont reconnu qu’en toute création, prescription, récompense ou châtiment, Allah recèle des desseins sublimes que leurs raisons sont incapables d’embrasser. Ils ont réalisé qu’Il est, exalté soit-Il, le Riche, le Digne de louange, l’Omniscient, le Sage ; que l’origine de Sa création, de Ses ordres, de Sa rétribution et de Son châtiment réside dans Sa richesse, Sa louange, Sa science et Sa sagesse, et non dans une simple volonté abstraite ni dans une puissance dépourvue de sagesse, de miséricorde, d’intérêt ou de fins louables qu’Il poursuit par la création et la prescription. C’est pourquoi nul ne peut L’interroger sur ce qu’Il fait : Sa sagesse et Sa science sont parfaites et tous Ses actes se réalisent sous la forme la meilleure, la plus juste et la plus conforme aux exigences de la sagesse, tandis que les serviteurs, eux, seront interrogés, car leurs actes ne répondent pas à ces critères.

C’est en ce sens que l’orateur des prophètes, Chu‘ayb (1), a dit : « Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et le vôtre ; il n’est pas une bête qu’Il ne tienne par le toupet ; mon Seigneur est certes sur une voie droite » (Hûd : 56). Par ces mots, il affirme l’universalité de la puissance d’Allah : toutes les créatures sont soumises à Son emprise, et Il tient leur destinée entre Ses mains, si bien qu’elles ne sauraient se soustraire au déploiement de Sa volonté et de Sa puissance.

Il enchaîne ensuite en décrivant la manière dont Allah agit envers elles : avec justice, non avec injustice ; avec bienveillance, non avec offense ; avec réforme, non avec corruption. Il leur ordonne et leur interdit par pure bonté, pour les protéger et les préserver, sans avoir besoin d’eux ni faire preuve d’avarice à leur égard, mais par largesse, munificence, douceur et bienveillance. Il les récompense par grâce, faveur et miséricorde, non pas en contrepartie d’un droit qu’ils auraient acquis.

(1) L’auteur le rapporte de cette manière, mais c’est une méprise : la sentence revient en réalité au prophète Hud (paix sur lui). La même attribution erronée se lit dans I‘lam al-muwaqqi‘in, 1/162, et Rawdat al-muhibbin, p. 96. Le libellé exact se trouve dans Zad al-ma‘ad, 4/207, al-Madârij, 3/456, et d’autres sources.
ففَهِمَ الموفَّقون عن الله ﷿ مرادَه وحكمتَه، وانتهَوا إلى ما وَقَفوا عليه ووصلت إليه أفهامُهم وعلومُهم، وردُّوا علمَ ما غاب عنهم من ذلك إلى أحكم الحاكمين ومن هو بكلِّ شيءٍ عليم، وتحقَّقوا بما عَلِمُوه من حكمته التي بَهَرت عقولهم أنَّ لله في كلِّ ما خلق وأمرَ وأثابَ وعاقبَ من الحِكَم البوالغ ما تقصُر عقولهم عن إدراكه، وأنه تعالى هو الغنيُّ الحميد، العليمُ الحكيم، فمصدَر خلقه وأمره وثوابه وعقابه غناهُ وحمدُه وعلمُه وحكمتُه، ليس مصدرُه مشيئةً مجرَّدةً وقدرةً خاليةً من الحكمة والرَّحمة والمصلحة والغايات المحمودة المطلوبة له خلقًا وأمرًا، وأنه سبحانه لا يُسْألُ عمَّا يفعل؛ لكمال حكمته وعلمه ووقوع أفعاله كلِّها على أحسن الوجوه وأتمِّها على الصَّواب والسَّداد ومطابقة الحِكَم، والعباد يُسْألون؛ إذ ليست أفعالهم كذلك. ولهذا قال خطيبُ الأنبياء شعيبٌ ﷺ (١): ﴿إِنِّي تَوَكَّلْتُ عَلَى اللَّهِ رَبِّي وَرَبِّكُمْ مَا مِنْ دَابَّةٍ إِلَّا هُوَ آخِذٌ بِنَاصِيَتِهَا إِنَّ رَبِّي عَلَى صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ﴾ [هود: ٥٦]، فأخبر عن عموم قدرته تعالى، وأنَّ الخلقَ كلَّهم تحت تسخيره وقدرته، وأنه آخذٌ بنواصيهم، فلا محيصَ لهم من نفوذ مشيئته وقدرته فيهم. ثمَّ عقَّبَ ذلك بالإخبار عن تصرُّفه فيهم، وأنه بالعدل لا بالظُّلم، وبالإحسان لا بالإساءة، وبالصَّلاح لا بالفساد، فهو يأمرُهم وينهاهم، إحسانًا إليهم وحمايةً وصيانةً لهم، لا حاجةً إليهم ولا بخلًا عليهم، بل جودًا وكرمًا ولطفًا وبرًّا، ويثيبُهم إحسانًا وتفضُّلًا ورحمة، لا لمعاوَضةٍ واستحقاقٍ منهم
(١) كذا قال المصنف ﵀. وهو وهم؛ فقائل هذا هودٌ ﵇. ووقع كذلك في «إعلام الموقعين» (١/ ١٦٢)، و «روضة المحبين» (٩٦). وعلى الصواب في «زاد المعاد» (٤/ ٢٠٧)، و «المدارج» (٣/ ٤٥٦)، وغيرها.

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