Les serviteurs qu’Allah a gratifiés de Sa réussite ont donc saisi Son intention et Sa sagesse ; ils se sont limités à ce que leur intelligence et leur savoir leur permettaient d’atteindre et ont rapporté la part qui leur demeurait cachée au plus Sage des juges, à Celui qui sait toute chose. Forts de la part de Sa sagesse – si éclatante qu’elle éblouit les esprits – qu’ils avaient comprise, ils ont reconnu qu’en toute création, prescription, récompense ou châtiment, Allah recèle des desseins sublimes que leurs raisons sont incapables d’embrasser. Ils ont réalisé qu’Il est, exalté soit-Il, le Riche, le Digne de louange, l’Omniscient, le Sage ; que l’origine de Sa création, de Ses ordres, de Sa rétribution et de Son châtiment réside dans Sa richesse, Sa louange, Sa science et Sa sagesse, et non dans une simple volonté abstraite ni dans une puissance dépourvue de sagesse, de miséricorde, d’intérêt ou de fins louables qu’Il poursuit par la création et la prescription. C’est pourquoi nul ne peut L’interroger sur ce qu’Il fait : Sa sagesse et Sa science sont parfaites et tous Ses actes se réalisent sous la forme la meilleure, la plus juste et la plus conforme aux exigences de la sagesse, tandis que les serviteurs, eux, seront interrogés, car leurs actes ne répondent pas à ces critères.
C’est en ce sens que l’orateur des prophètes, Chu‘ayb (1), a dit : « Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et le vôtre ; il n’est pas une bête qu’Il ne tienne par le toupet ; mon Seigneur est certes sur une voie droite » (Hûd : 56). Par ces mots, il affirme l’universalité de la puissance d’Allah : toutes les créatures sont soumises à Son emprise, et Il tient leur destinée entre Ses mains, si bien qu’elles ne sauraient se soustraire au déploiement de Sa volonté et de Sa puissance.
Il enchaîne ensuite en décrivant la manière dont Allah agit envers elles : avec justice, non avec injustice ; avec bienveillance, non avec offense ; avec réforme, non avec corruption. Il leur ordonne et leur interdit par pure bonté, pour les protéger et les préserver, sans avoir besoin d’eux ni faire preuve d’avarice à leur égard, mais par largesse, munificence, douceur et bienveillance. Il les récompense par grâce, faveur et miséricorde, non pas en contrepartie d’un droit qu’ils auraient acquis.