S’il les avait laissés livrés à eux-mêmes – comme vous le prétendez –, ils eussent été semblables à du bétail en pâture ; bien plus, s’Il les avait abandonnés aux élans de leur nature, ils se seraient entretués et le monde, avec tous ceux qui l’habitent, aurait sombré dans la ruine. Au contraire, Il les a muselés par l’impuissance et par l’empêchement d’accéder à tout ce qu’ils désirent ; et si, néanmoins, Il les avait laissés réaliser tout ce qu’ils veulent, la création se serait corrompue. De même qu’Il les a contenus par le licou de la Loi et de l’ordre, s’Il les avait, à l’inverse, totalement empêchés, sans leur donner la moindre capacité ni puissance, la Loi et l’ordre auraient été, dans leur ensemble, rendus caducs, et la sagesse de la mission, de l’envoi des messagers, de la récompense et du châtiment aurait disparu (1).
Quelle sagesse pourrait surpasser celle-ci ? Quel procédé serait meilleur que ce qu’Il a accompli pour eux ?
Si les hommes accordaient à cette question ne serait-ce qu’une part de l’attention qu’elle mérite, ils sauraient qu’elle procède d’une sagesse parfaite, d’une puissance totale, d’une science qui embrasse toute chose ; ils reconnaîtraient qu’elle constitue l’ultime sommet de la sagesse.
Quiconque reçoit du Coran une compréhension véritable y découvre, d’un bout à l’autre, de constants rappels qui éveillent l’intelligence à cette réalité, l’y guident et la lui montrent clairement ; il y voit que le Très-Haut – exalté soit-Il – est bien au-dessus d’agir pour s’amuser, en vain, injustement, sans droit, sans but ni motif, et que la source de tout cela se ramène à Sa puissance invincible et à Sa sagesse.
C’est pourquoi, maintes fois, le Très-Haut associe ces deux Noms – al-‘Azîz, al-Hakîm (le Tout-Puissant, le Sage) – dans les versets relatifs à la législation, à la création et à la rétribution, afin de montrer à Ses serviteurs que tout cela émane d’une sagesse achevée et d’une puissance irrésistible (2).