Et les finalités recherchées et les issues louables pour lesquelles Il a fait descendre Ses Écritures, envoyé Ses messagers, institué Ses lois, créé le Paradis et l’Enfer, et établi la récompense et la punition, ne se réalisent (1) qu’en dotant les serviteurs de la faculté de choisir entre le bien et le mal, en les y habilitant, et en leur fournissant (2) les causes et les instruments grâce auxquels ils peuvent accomplir l’un comme l’autre.
Il est donc légitime, de Sa part – exalté soit-Il –, de laisser Ses serviteurs agir selon ce qu’ils entreprennent, alors qu’il serait répréhensible, de la part de l’un d’entre nous, d’abandonner ses propres esclaves à la corruption alors qu’il a le pouvoir de les en empêcher. Pourtant, le Très-Haut ne les a pas véritablement livrés à eux-mêmes : Il les en a détournés, l’a interdit, leur a fixé des sanctions ici-bas et dans l’au-delà pour les turpitudes, et Il a fait s’abattre sur eux, de Sa rigueur, de Son châtiment et de Sa vengeance (3) ce qu’aucun maître créé n’infligerait à ses esclaves pour les retenir et les dissuader.
Votre affirmation selon laquelle « Il a laissé Ses serviteurs se corrompre et se léser mutuellement » est donc mensongère : Il ne les a abandonnés ni du point de vue de la Loi ni du point de vue du décret. Au contraire, Il s’est interposé entre eux et cela, légalement, de la façon la plus complète, et Il les en a empêchés, par Son décret, dans la mesure qu’exigent Sa sagesse éclatante et Sa science qui embrasse toute chose ; et Il ne les a laissés libres, à cet égard, que selon ce qu’exigent Sa sagesse, Sa Loi et Sa religion.
Ainsi, Son empêchement et Son intervention entre eux et le mal dépassent de beaucoup la part de liberté qu’Il leur a accordée, et le degré de latitude qu’Il leur a laissée reste indissociable de Son ordre, de Sa Loi et de Sa religion. Ce qu’Il accomplit aux deux extrémités relève de la sagesse et de l’intérêt suprêmes ; aucune raison ne saurait concevoir rien de plus accompli.