Ils ajoutent : parce que la condition requise pour attribuer un nom, dans le monde sensible, est la présence effective de ces attributs et que, dans le sensible, nul ne mérite ce nom s’ils ne résident en lui, il en va de même pour l’Invisible.
Ils disent encore : puisque la condition permettant d’affirmer la science, la puissance et la volonté, dans le monde sensible, est la vie, il en va de même pour l’Invisible.
De même, puisque la cause (1) qui fait qu’un être est « savant », dans le sensible, est la présence de la science et son existence en lui, il en va de même pour l’Invisible.
Ils ont donc appliqué au non-perceptible le qiyâs (analogie) tiré du perceptible, aussi bien pour la cause que pour la condition, le nom et la définition. Ils affirment ainsi : la définition du « savant » dans le monde sensible est « celui en qui la science existe » ; il en est de même dans l’Invisible. La condition qui autorise l’attribution de ce nom, dans le sensible, est que la science réside en lui ; il en est de même dans l’Invisible. Et la cause (2) de son caractère savant, dans le sensible, est la subsistance de la science en lui ; il en va de même dans l’Invisible.
Comment donc rejetez-vous ici l’analogie du non-perceptible au perceptible, alors que vous vous en réclamez ailleurs ? Quel contraste pourrait être plus criant !
Si cette analogie du non-perceptible au perceptible est invalide, votre argumentation fondée sur elle contre nous s’effondre dans tous les passages concernés ; si elle est valide, votre réfutation tombe dans le présent passage. Déclarer l’analogie correcte lorsque c’est vous qui l’invoquez, mais nulle lorsqu’elle sert vos contradicteurs, voilà la pire des escroqueries, dont la laideur est condamnée par la raison comme par la Loi révélée (3).