De même, puisque, à vos yeux, il ne saurait y avoir égalité entre deux hommes : l’un est muet, dépourvu d’intelligence et de parole, totalement impuissant, incapable de quoi que ce soit, tandis que l’autre chemine droit dans ses propos et ses actes, ordonne la justice et la met en pratique parce qu’il marche sur une voie droite, comment osez-vous donc mettre, dans l’adoration, Allah et l’idole sur le même plan ?!
Les exemples de ce genre abondent dans le Coran et dans la sunna, ainsi qu’il est dit dans le hadith de al-Hârith al-Ashʿarî : « Allah vous a ordonné de L’adorer sans rien Lui associer. L’image de celui qui Lui associe des partenaires est celle d’un homme qui a acheté, de son propre bien, un esclave, puis lui dit : “Travaille et rapporte-moi ce que tu gagnes.” Or l’esclave travaille et remet son gain à un autre. Lequel d’entre vous aimerait posséder un tel serviteur ? » (1).
Il ne convient donc pas de forger pour Allah des comparaisons qu’Il partagerait, d’une manière ou d’une autre, avec Ses créatures ; pour parler de Lui, on ne recourt qu’au raisonnement par priorité (qiyâs al-awlâ), comme on l’a déjà exposé.
Trente-quatrième point : les négateurs n’ont réfuté leurs adversaires jâhmites et muʿtazilites, qui nient les attributs (2), qu’en appliquant l’analogie du non-perceptible au perceptible (3).
Ils disent en effet : on qualifie de « savant » — dans le monde sensible — celui qui possède la science ; on qualifie de « parlant » celui en qui la parole existe ; on qualifie de « vivant », de « vouloir » et de « puissant » celui en qui résident la vie, la volonté et la puissance ; on ne conçoit pas d’autre définition.