Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, Il dit : « Allah propose l’exemple d’un homme soumis à plusieurs associés querelleurs et d’un autre qui dépend entièrement d’un seul maître ; les deux situations sont-elles comparables ? » (Sourate 39, verset 29). Ce modèle qu’Il expose renferme un raisonnement par analogie a fortiori en ce qui Le concerne (1). Autrement dit : si, parmi vous, un esclave appartient à des propriétaires multiples qui se disputent à son sujet, tandis qu’un autre n’a qu’un seul maître, mettez-vous ces deux cas sur le même pied ? Or, puisque vous refusez d’assimiler celui qui n’a qu’un seul seigneur à celui qui en a plusieurs, comment pouvez-vous consentir à vous choisir des divinités diverses, que vous érigez en associés d’Allah, que vous aimez comme vous L’aimez, que vous craignez comme vous Le craignez et dont vous espérez le secours comme vous espérez le Sien ?

De même, le Très-Haut dit : « Lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance de ce qu’il attribue au Tout-Miséricordieux, son visage s’assombrit et le voilà accablé de chagrin. » (Sourate 43, verset 17). Le sens est que nul d’entre vous (2) n’accepte, pour lui-même, la naissance d’une fille ; comment osez-vous alors attribuer à Allah ce que vous ne sauriez tolérer pour vous-mêmes ?

Il dit encore : « Allah propose l’exemple d’un esclave détenu, dénué de tout pouvoir, et d’un homme à qui Nous avons accordé de Notre part une belle subsistance, dont il fait l’aumône ouvertement et secrètement : sont-ils égaux ? Louange à Allah ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. (75) – Et Allah propose l’exemple de deux hommes : l’un est muet, incapable de rien, fardeau pour son maître ; partout où celui-ci l’envoie, il ne rapporte aucun bien. Est-il l’égal de l’homme qui ordonne la justice et marche sur une voie droite ? » (Sourate 16, versets 75-76). En d’autres termes, si, selon votre propre jugement, un esclave impuissant n’est pas l’égal d’un homme aisé, comblé par Allah et dépensant de Ses bienfaits, comment donc osez-vous placer au rang d’Allah une idole dont la condition est encore plus misérable que celle de cet esclave ?

(1) Le terme haqqahu (son droit) est omis dans le manuscrit Q. (2) Le manuscrit T lit ahadahum (l’un d’eux).
كقوله: ﴿ضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا رَجُلًا فِيهِ شُرَكَاءُ مُتَشَاكِسُونَ وَرَجُلًا سَلَمًا لِرَجُلٍ هَلْ يَسْتَوِيَانِ مَثَلًا﴾ [الزمر: ٢٩]، فهذا مثلٌ ضرَبه يتضمَّنُ قياسَ الأولى في حقِّه (١)، يعني: إذا كان المملوكُ فيكم له مُلَّاكٌ مشتركون فيه، وهم متنازعون، ومملوكٌ آخرُ له مالكٌ واحد، فهل يكونُ هذا وهذا سواءً؟! فإذا كان هذا ليس عندكم كمن له ربٌّ واحدٌ ومالكٌ واحد، فكيف ترضون أن تجعلوا لأنفسكم آلهةً متعدِّدةً تجعلونها شركاءَ لله، تحبُّونها كما تحبُّونه، وتخافونها كما تخافونه، وترجونها كما ترجونه؟! وكقوله تعالى: ﴿وَإِذَا بُشِّرَ أَحَدُهُمْ بِمَا ضَرَبَ لِلرَّحْمَنِ مَثَلًا ظَلَّ وَجْهُهُ مُسْوَدًّا وَهُوَ كَظِيمٌ﴾ [الزخرف: ١٧]، يعني: أنَّ أحدكم (٢) لا يرضى أن يكون له بنتٌ، فكيف تجعلون لله ما لا ترضونه لأنفسكم؟! وكقوله: ﴿ضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا عَبْدًا مَمْلُوكًا لَا يَقْدِرُ عَلَى شَيْءٍ وَمَنْ رَزَقْنَاهُ مِنَّا رِزْقًا حَسَنًا فَهُوَ يُنْفِقُ مِنْهُ سِرًّا وَجَهْرًا هَلْ يَسْتَوُونَ الْحَمْدُ لِلَّهِ بَلْ أَكْثَرُهُمْ لَا يَعْلَمُونَ (٧٥) وَضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا رَجُلَيْنِ أَحَدُهُمَا أَبْكَمُ لَا يَقْدِرُ عَلَى شَيْءٍ وَهُوَ كَلٌّ عَلَى مَوْلَاهُ أَيْنَمَا يُوَجِّهْهُ لَا يَأْتِ بِخَيْرٍ هَلْ يَسْتَوِي هُوَ وَمَنْ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَهُوَ عَلَى صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ﴾ [النحل: ٧٥ - ٧٦]، يعني: إذا كان لا يستوي عندكم عبد مملوكٌ لا يَقْدِرُ على شيءٍ وغنيٌّ مُوسَّعٌ عليه يُنْفِقُ مما رزقه الله، فكيف تجعلون الصَّنمَ الذي هو أسوأ حالًا من هذا العبد شريكًا لله؟!
(١) «حقه» ساقطة من (ق). (٢) (ت): «أحدهم».

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