• Quant à la raison, elle se fonde, par exemple, sur notre démonstration selon laquelle Celui qui confère la perfection en est, à plus forte raison, le plus digne ; car Celui qui fait d’un autre un être doué d’ouïe, de vue, de science, de parole, de vie, de sagesse, de puissance, de volonté, de miséricorde et de bienfaisance est, bien davantage que cet autre, en droit de posséder ces attributs, et il convient de les Lui attribuer dans leur forme la plus complète et la plus achevée.
C’est le sens de leur maxime (1) : « La perfection de l’effet provient de la perfection de sa cause. » Nous nous abstenons toutefois d’employer cette formule telle quelle à propos d’Allah ; nous disons plutôt : tout perfection attestée chez la créature, dès lors qu’elle n’implique aucun défaut, son Créateur et Donateur en est plus dignement qualifié, tandis que tout défaut présent chez la créature – mensonge, injustice, frivolité, futilité, etc. (2) – Son Créateur en est, a fortiori, exempt. En vérité, il faut déclarer le Seigneur, exalté soit-Il, totalement pur de toute imperfection ou tare, même si certains êtres créés ne s’en gardent pas (3).
Il en va de même lorsque nous établissons Sa sagesse par ce procédé. Ainsi dira-t-on : si l’agent sage, qui n’accomplit un acte que pour une raison et une finalité qu’il recherche à travers lui, est plus parfait que celui qui agit sans but, sans sagesse ni perspective d’une issue louable – exigée pourtant de son acte dans notre monde empirique –, cela est, à plus forte raison, vrai pour Allah, exalté soit-Il. Si, pour nous, agir avec sagesse constitue une perfection, le Seigneur, qu’Il soit exalté, y a priorité et plus grand droit ; de même, si le fait de se prémunir contre l’injustice et le mensonge est pour nous une perfection, le Seigneur, qu’Il soit exalté, est, à plus forte raison, au-dessus de tout cela.
• Par de tels raisonnements et d’autres semblables, Allah propose des paraboles dans le Coran ; Il interpelle les intelligences, les réveille et les guide en ce sens :