Ce mensonge forgé ne fait-il pas disparaître toute confiance dans Ses récits, Ses promesses et Ses menaces, et ne revient-il pas à Lui imputer, à Lui et à Sa parole, l’une des pires abominations — une chose dont même certains de Ses serviteurs se gardent — qui ne saurait Lui convenir, à plus forte raison à Lui, exalté soit-Il ?!
Si vous assumiez toutes les conséquences qui s’attachent aux partisans (1) de l’idée que la beauté et la laideur sont discernables par la raison, ce serait encore plus facile que d’endosser cette monstrueuse assertion, devant laquelle les cieux sont près d’éclater, la terre de se fendre et les montagnes de s’effondrer.
Il n’existe, dans l’échelle de la laideur, aucune commune mesure entre attribuer à Dieu un enfant, un associé ou une épouse, et L’accuser de mensonge. C’est pourquoi Allah a implanté dans l’esprit de Ses serviteurs le mépris, le blâme et l’aversion pour le menteur, alors qu’il n’en est pas de même pour celui qui aurait une épouse, un enfant ou un associé. Ainsi, Le plus véridique des véridiques se tient au-dessus de cette ignominie comme Il se tient au-dessus de l’idée d’avoir un enfant, une épouse ou un associé. Nulle communauté au monde, à notre connaissance, n’a jamais tenu pour licite de mentir au sujet d’Allah, car Il a gravé dans l’intellect humain — et au-delà — la hideur du mensonge, la répulsion envers celui qui le profère, sa bassesse et sa vilenie. Quant aux polythéistes qui Lui ont attribué un associé ou un enfant, c’est parce qu’à leurs yeux cette imputation n’était pas aussi odieuse que le mensonge.
Il suffit, pour démontrer la nullité et la corruption d’une doctrine, de constater qu’une telle parole énorme, cette imposture manifeste, en soit l’aboutissement nécessaire ; or, ses adeptes n’hésitent pourtant pas à l’assumer ! Si son auteur embrassait n’importe quel autre dogme auquel on le contraindrait (2), ce serait encore préférable pour lui.
Nous implorons le pardon d’Allah pour toute insuffisance dans la réfutation de cette doctrine abjecte ; mais l’évidence même de sa laideur aux yeux de la raison et de la disposition première est le témoin le plus éclatant de son rejet et de son invalidation. En vérité, il nous aurait amplement suffi, pour la réfuter, d’en dresser le simple portrait et de la soumettre à l’examen de l’intelligence et de la nature innée des hommes.