appelle (1) la beauté, tandis que l’essence de celui-là appelle la laideur. Tel est l’avis juste, si ce n’était que vous refusez d’en reconnaître la cause (2) et affirmez que la différence entre eux provient seulement de l’usage, de l’éducation, du milieu ou du simple fait de se conformer aux prescriptions des prophètes ; de sorte que, si l’on supposait ces facteurs inexistants, un homme ne préférerait plus la véracité au mensonge. Y a-t-il contradiction plus flagrante ?
Trente-deuxième point : vous déclarez : « Tout cela ne prouve au mieux que la laideur du mensonge et la beauté de la véracité dans les faits présents ; quant aux cas non observés, on n’en peut conclure à leur beauté ou leur laideur que par analogie entre l’absent et le présent, or cette analogie est invalide, la différence étant évidente. » Et vous fondez cette prétendue différence sur ce que vous avez avancé : qu’Allah laisse Ses serviteurs se mêler les uns aux autres dans l’injustice et la corruption, et que l’hideur de cet état est patente (3).
Ô que c’est étonnant ! Comment la raison pourrait-elle admettre une doctrine qui implique (4) qu’il soit permis de mentir au sujet du Seigneur des mondes, le plus véridique de tous les véridiques, et qu’il n’existe pour Lui aucune distinction entre vérité et mensonge ? Pis encore, elle jugerait le mensonge qu’on Lui impute – exalté soit-Il, infiniment au-dessus de ce qu’ils profèrent – tout aussi licite et tout aussi « beau » que la vérité !
N’est-ce pas là l’une des pires impostures et des plus flagrants faux ?
Attribuer pareille chose à Allah comme une éventualité équivaut à Lui imputer, de la même manière, un enfant, une épouse ou un associé ; c’est même assimiler à Sa Majesté toutes sortes d’injustice et de mal comme quelque chose de possible. Gloire à Allah, Il est infiniment élevé au-dessus de cela ! Qui donc est plus véridique qu’Allah en ses récits ? Qui est plus véridique qu’Allah en ses paroles ?