Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

appelle (1) la beauté, tandis que l’essence de celui-là appelle la laideur. Tel est l’avis juste, si ce n’était que vous refusez d’en reconnaître la cause (2) et affirmez que la différence entre eux provient seulement de l’usage, de l’éducation, du milieu ou du simple fait de se conformer aux prescriptions des prophètes ; de sorte que, si l’on supposait ces facteurs inexistants, un homme ne préférerait plus la véracité au mensonge. Y a-t-il contradiction plus flagrante ?

Trente-deuxième point : vous déclarez : « Tout cela ne prouve au mieux que la laideur du mensonge et la beauté de la véracité dans les faits présents ; quant aux cas non observés, on n’en peut conclure à leur beauté ou leur laideur que par analogie entre l’absent et le présent, or cette analogie est invalide, la différence étant évidente. » Et vous fondez cette prétendue différence sur ce que vous avez avancé : qu’Allah laisse Ses serviteurs se mêler les uns aux autres dans l’injustice et la corruption, et que l’hideur de cet état est patente (3).

Ô que c’est étonnant ! Comment la raison pourrait-elle admettre une doctrine qui implique (4) qu’il soit permis de mentir au sujet du Seigneur des mondes, le plus véridique de tous les véridiques, et qu’il n’existe pour Lui aucune distinction entre vérité et mensonge ? Pis encore, elle jugerait le mensonge qu’on Lui impute – exalté soit-Il, infiniment au-dessus de ce qu’ils profèrent – tout aussi licite et tout aussi « beau » que la vérité !

N’est-ce pas là l’une des pires impostures et des plus flagrants faux ?

Attribuer pareille chose à Allah comme une éventualité équivaut à Lui imputer, de la même manière, un enfant, une épouse ou un associé ; c’est même assimiler à Sa Majesté toutes sortes d’injustice et de mal comme quelque chose de possible. Gloire à Allah, Il est infiniment élevé au-dessus de cela ! Qui donc est plus véridique qu’Allah en ses récits ? Qui est plus véridique qu’Allah en ses paroles ?

(1) Le manuscrit T lit « mufdiyya » aux deux occurrences. (2) Telle est la leçon des manuscrits ; on pourrait aussi lire : « tathbutuna ‘alayhi ». (3) Voir p. 982. (4) Les manuscrits portent « multazim maʿahu » ; la leçon adoptée semble plus appropriée.
مقتضيةٌ (١) لحُسْنه وذاتَ هذا مقتضيةٌ لقُبحه، وهذا هو عينُ الصَّواب لولا أنكم لا تُثْبِتون علَّتَه (٢)، وتصرِّحون بأنَّ الفرق بينهما سببُه العادةُ والتَّربيةُ والمنشأُ والتَّديُّنُ بشرائع الأنبياء، حتى لو فُرِض انتفاءُ ذلك لم يُؤثِر الرَّجلُ الصِّدقَ على الكذب. وهل في التَّناقض أقبحُ من هذا؟! الوجه الثَّاني والثَّلاثون: قولكم: «إنَّ غاية هذا أن يَدُلَّ على قُبح الكذب وحُسن الصِّدق شاهدًا، ولا يلزم منه حسنُه وقبحُه غائبًا إلا بطريق قياس الغائب على الشاهد، وهو باطلٌ؛ لوضوح الفَرق»، واستنادكم في الفَرق إلى ما ذكرتم مِنْ تخلية الله بين عباده يموجُ بعضهم في بعضٍ ظلمًا وإفسادًا، وقُبح ذلك شاهدًا (٣). فيا لله العَجَب! كيف يجوِّزُ العقلُ التزامَ مذهبٍ يُلْتَزمُ معه (٤) جوازُ الكذب على ربِّ العالمين وأصدق الصَّادقين، وأنه لا فرق أصلًا بالنسبة إليه بين الصِّدق والكذب، بل جوازُ الكذب عليه ــ سبحانه وتعالى عمَّا يقولون علوًّا كبيرًا ــ كجواز الصِّدق، وحُسْنُه كحُسْنِه؟! وهل هذا إلا مِنْ أعظم الإفك والباطل؟! ونِسبتُه إلى الله تعالى جوازًا كنسبة ما لا يليقُ بجلاله إليه من الولد والزَّوجة والشريك، بل كنسبة أنواع الظُّلم والشرِّ إليه جوازًا، تعالى الله عن ذلك علوًّا كبيرًا، فمن أصدقُ من الله حديثًا؟! ومن أصدقُ من الله قِيلًا؟!
(١) (ت): «مفضية». في الموضعين. (٢) كذا في الأصول. ويمكن أن تقرأ: «تَثْبُتون عليه». (٣) انظر: (ص: ٩٨٢). (٤) في الأصول: «ملتزم معه». والمثبت أشبه.

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