et il aime ou déteste à cause de cette simple concomitance (1) ; ainsi, ce qui côtoie l’aimé devient aimable, et ce qui côtoie le détesté devient détestable, comme le dit ce vers :
« Ce n’est pas l’amour des demeures qui a enfiévré mon cœur,
mais l’amour de celle qui habite ces demeures. »
Un autre a dit :
« Lorsqu’ils évoquent leur pays, ce souvenir leur rappelle
les pactes qui s’y sont noués, et leur nostalgie s’éveille. »
29ᵉ aspect : Vous dites : « La fermeté sous le tranchant de l’épée, refusant de prononcer une parole de mécréance, ne serait pas tenue pour louable par les gens raisonnables sans l’injonction révélée ; ils pourraient même la juger blâmable. On ne la trouve belle que pour la récompense qu’elle entraîne ou la louange qu’elle suscite pour la bravoure ; il en va de même de la patience (2) dans la garde d’un secret ou la fidélité à un pacte, en raison des intérêts qui en découlent. Si l’on suppose un cas où aucune louange n’y est attachée, on la trouve néanmoins liée à la louange, et l’imagination penche donc vers ce qui lui est associé » (3).
Nous vous répondons : si la Loi révélée la juge belle, c’est en accord, non en opposition, avec la raison ; de même, l’attente de la récompense s’explique par la beauté intrinsèque de l’acte.
Quant aux avantages qui découlent de la garde du secret ou de la fidélité au pacte, ils proviennent des qualités inhérentes mêmes à ces actes, lesquelles appellent ces avantages ; car, si ces actes n’étaient pas supérieurs à d’autres, ils ne seraient pas préférés pour la réalisation de l’intérêt.
Et votre propos : « S’il est imaginé un cas où aucune louange n’intervient, l’inclination de l’imagination vers l’association subsiste » (4), il s’ensuit donc