et la malfaisance ?! Au contraire, cet exemple même plaide contre vous : sa nature ne s’est pas spontanément tournée vers ce lieu qu’il tenait pourtant pour identique à tous les autres ; sa nostalgie pour sa patrie, l’affection qu’il lui porte, ainsi que son attachement à ses proches ou à d’autres personnes, ne sauraient donc apparaître si tous les lieux et toutes les personnes lui semblaient réellement équivalents. C’est parce qu’il présume qu’ils possèdent des particularités inexistantes ailleurs que naissent cet amour et cette inclination.
Il se présente ensuite deux situations :
- La réalité ne correspond pas à ce qu’il avait imaginé (1) ; le lieu ou la personne n’a rien de plus que les autres, et peut-être même que d’autres surpassent celui-ci par les qualités propres à susciter l’affection et l’inclination. Lorsque la raison et la perception sensible (2) examinent la cause de cette attirance, on constate qu’elle n’est qu’une question d’accoutumance, de familiarité, de souvenir ou de pure imagination.
Cette illusion s’appuie sur le principe, établi dans l’esprit, selon lequel l’exclusivité de l’amour ou de l’inclination envers une chose plutôt qu’une autre procède des attributs qui la distinguent ; de même, l’aversion et la haine s’attachent à ce qui les motive. Puis l’imagination l’emporte, au point qu’il se figure que ces attributs sont réellement (3) inhérents à l’objet, alors qu’ils ne s’y trouvent pas ; le lieu ne fait que se trouver en leur compagnie (4),