Réfléchis donc à la manière dont la défense (1) d’opinions reçues et la haine (2) vouée à ceux qui les contestent poussent à de pareilles ignominies (3).
Dieu, qu’Il soit exalté, a-t-Il jamais mis sur le même plan, dans l’intellect et dans la nature première, le fait de sauver un noyé ou un brûlé, de délivrer un captif des mains de son ennemi, de rendre la vie aux êtres, et l’aversion instinctive qu’éprouve un homme sain pour une corde tachetée qu’il prend, par méprise, pour un serpent ?!
La seule représentation de ce sophisme (4) suffisait à en dévoiler la nullité ; néanmoins, nous avons jugé bon d’apporter un surcroît d’éclaircissements.
Vingt-huitième point : Vous affirmez : « Lorsqu’un homme s’est trouvé, en un certain lieu, en compagnie de l’être qu’il aime, puis qu’il revient à cet endroit, il perçoit intérieurement une différence entre ce lieu et les autres ». Et, pour appuyer vos dires, vous citez ce vers du poète :
Je passe devant les demeures, les demeures de Laylâ,
ainsi que celui-ci :
Il a fait aimer aux hommes leurs patries (5).
Nous répondons : Il ne fait aucun doute que les choses se passent ainsi ; mais en découle-t-il que vérité et mensonge soient équivalents dans la réalité, que justice et injustice, vertu et perversité, bienfaisance