d’un allié, tandis que le mensonge impliquerait son invulnérabilité. Or, vous ne disposez d’aucune autre arme que celle-là. Nous avons pourtant, à ce sujet, exposé la réalité d’une façon amplement suffisante (1). Et même si, dans ces deux cas, les choses étaient bel et bien – comme vous l’affirmez – établies avec certitude, il ne serait pas admissible d’annuler, au moyen de ces seules considérations, ce que Dieu a implanté dans les esprits et dans les natures et leur a rendu inéluctable : l’appréciation du bien, la réprobation du mal, le jugement de sa laideur et la distinction rationnelle – inhérente à leurs essences et à leurs attributs – entre l’un et l’autre.
Dieu – exalté soit-Il – a blâmé les intelligences qui ont admis qu’Il pût traiter de la même manière l’auteur du mal et l’auteur du bien, et Il s’est Lui-même exalté au-dessus d’une telle supposition ainsi que de l’imputation de ce jugement fallacieux à Sa personne. Si cela n’avait pas été, en soi, répréhensible pour la raison, Il ne l’aurait pas désavoué auprès des esprits qui l’avaient envisagé ; car Sa réprobation ne se serait adressée à eux qu’au titre de la seule Loi révélée, et non pour avoir corrompu ce qu’ils tenaient pour raisonnement.
Qu’on ne dise donc pas : « Si ce jugement était incontestablement faux, ces penseurs ne l’auraient pas admis. »