Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

c’est de le divulguer ; or il faut distinguer entre le contenu de l’information (al-khabar) et l’acte même d’informer (al-ikhbâr) : la réprobation ne vise que l’acte d’informer, non l’information en tant que telle.

Et quand bien même nous concéderions tout cela, qu’un jugement rationnel soit empêché par un obstacle ou qu’il tombe faute de condition n’a rien de surprenant.

Cette objection compte donc parmi les plus faibles (1) ; il suffit, pour prendre la mesure de sa fragilité, de constater que le jugement qu’on en tire – et de semblables – ne repose que sur elle !

Vingt-deuxième réponse : l’imagination, ici, s’est précipitée vers l’inverse (2). C’est comme celui qui, voyant deux choses associées, conclut que la première l’est forcément et toujours à la seconde, sans savoir que le particulier accompagne forcément le général, mais non l’inverse.

Vous illustrez cela par l’effroi de l’homme sain devant la corde tachetée, par l’aversion instinctive pour le miel qu’on assimile à des excréments, et par toute la série d’exemples que vous citez (3) : la répulsion envers une belle femme affublée d’un nom disgracieux, le dégoût pour la maison où gît un mort, ou encore la répugnance de beaucoup à l’égard de paroles justes dès lors qu’elles sont attribuées à des personnes jugées suspectes.

Nous ne nions pas que l’imagination influence les âmes, l’amour et la haine ; elle l’emporte même chez la plupart des gens en bien des circonstances. Mais dès que la raison claire s’impose, son erreur devient patente : le jugement qu’elle portait n’était qu’objet d’imagination, non de raison.

De même, lorsque la raison évidente (4) et la perception sensible s’appliquent au cas de la corde tachetée, on découvre que l’aversion naturelle qu’elle suscite n’a pour origine qu’une illusion infondée.

(1) Dans le manuscrit T : « la plus grande ambiguïté ». (2) Autrement dit : votre affirmation selon laquelle, parmi les causes de l’erreur, il y a le fait que l’imagination se précipite vers l’inverse. (3) Voir p. 976. (4) Le terme « sarih » (explicite) n’apparaît pas dans T.
الإعلامُ به، وفرقٌ بين الخبر والإخبار، فالقُبح إنما وقعَ في الإخبار لا في الخبر. ولو سلَّمنا ذلك كلَّه؛ فتخلُّف الحُكم العقليِّ لقيام مانعٍ أو لفوات شرطٍ غيرُ مستنكَر. فهذه الشُّبهة مِنْ أضعف الشُّبه (١)، وحَسْبك ضعفًا بحكمٍ إنما يستندُ إليها وإلى أمثالها! الوجه الثَّاني والعشرون: أنَّ الوهمَ قد سبق إلى العكس (٢)، كمن يرى شيئًا مقرونًا بشيءٍ فيَظنُّ الشيءَ لا محالة مقرونًا به مطلقًا، ولا يدري أنَّ الأخصَّ أبدًا مقرونٌ بالأعمِّ، مِنْ غير عكس. وتمثيلكم ذلك بنُفرة السَّليم من الحَبل المرقَّش، ونفور الطَّبع عن العسل إذا شُبِّه بالعَذِرَة، إلى آخر ما ذكرتم من الأمثال (٣)، كنُفرة الطَّبع عن الحسناء ذات الاسم القبيح، ونُفرة الرَّجُل عن البيت الذي فيه الميِّت، ونُفرة كثيرٍ من النَّاس عن الأقوال الصَّحيحة التي تضافُ إلى من يسيئون الظَّنَّ بهم. فنحن لا ننكرُ أنَّ للوهم تأثيرًا في النُّفوس وفي الحبِّ والبُغض، بل هو غالبٌ على أكثر النُّفوس في كثيرٍ من الأحوال، ولكن إذا سُلِّط عليه العقلُ الصَّريحُ تبيَّن غلطُه، وأنَّ ما حَكَم به إنما هو موهومٌ لا معقول. كما إذا سُلِّط العقلُ الصَّريحُ (٤) والحِسُّ على الحَبل المرقَّش تبيَّن أنَّ نُفرة الطَّبع عنه مستندُها الوهمُ الباطل.
(١) (ت): «أعظم الشبه». (٢) أي: قولكم بأن من مثارات الغلط: سبقُ الوهم إلى العكس. (٣) انظر: (ص: ٩٧٦). (٤) «الصريح» ليست في (ت).

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