Il ne fait aucun doute que, lorsqu’un croyant voit son ennemi – et l’ennemi de son Bien-Aimé, Celui qui lui est plus cher que toute chose – se débattre dans toutes sortes de tourments et de souffrances, tandis que lui-même goûte les délices et les jouissances les plus variées, sa joie augmente, son plaisir s’intensifie et la grâce qu’il reçoit atteint sa plénitude.
Par ailleurs, exalté soit-Il, Allah n’a créé les créatures que pour qu’elles L’adorent ; telle est la finalité qu’Il attend d’elles. Le Très-Haut a dit : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (Coran 51, 56).
Or il est évident que la perfection de la servitude exigée des créatures ne se réalise pas dans la demeure du délice et de la permanence ; elle ne se réalise que dans la demeure de l’épreuve et de l’affliction. Quant à la Demeure éternelle, elle est faite de jouissance et de félicité ; ce n’est pas un lieu d’épreuve, d’examen ni de charge.
De plus, Sa sagesse a voulu qu’Il crée Adam et sa descendance selon une constitution(1) où coexistent le mobile de la convoitise et de la colère, et celui de la raison et du savoir. En effet, Il a placé en l’homme la raison(2) et le désir charnel, et Il les a érigés en deux impulsions tendant chacune vers ce qui lui correspond(3), afin que Son dessein s’accomplisse et que se manifestent à Ses serviteurs Sa puissance jointe à Sa sagesse(4), Sa toute-puissance souveraine, Sa miséricorde, Sa bienfaisance et Sa douceur dans Son royaume et Sa domination.
Sa sagesse et Sa miséricorde ont donc voulu faire goûter à leur père les lourdes conséquences de sa désobéissance, et lui faire connaître ce que produit le fait de céder à la convoitise et aux passions, afin qu’il s’en montre d’autant plus vigilant(5) et qu’il les fuie avec plus de résolution.