– qu’il s’agisse des imâms de l’islam ou de leurs disciples – lorsqu’ils parlent d’Allah. L’imâm Aḥmad a d’ailleurs déclaré : « Nous ne retirons à Allah aucun de Ses attributs sous prétexte qu’on les a tournés en dérision. » (1)
Devons-nous dès lors renier (2) les attributs de perfection du Très-Haut parce que les muʿaṭṭila et les Jahmites les affublent du terme d’« accidents » (3) ?!
Les maîtres de la controverse ont pour dessein de présenter la position de leurs adversaires sous les habits les plus repoussants, tandis qu’ils choisissent pour leurs propres doctrines les tournures les plus flatteuses. Leurs adeptes demeurent prisonniers des chaînes de ces formulations (4) ; en vérité, ils ne possèdent rien d’autre que ces mots, et leurs guides pas davantage.
L’homme clairvoyant, lui, ne se laisse pas impressionner par ces expressions tonitruantes ; il en dépouille d’abord le sens, refuse de le revêtir de leurs termes, puis il le confronte à la preuve exempte de toute objection. C’est alors qu’il distingue nettement la vérité de l’erreur, le discours orné du discours vide.
Quinzième point : vous affirmez que « la base du jugement de convenance ou de répulsion réside dans l’observance des lois révélées ».
Nous disons : nul doute que la pratique des prescriptions divines implique de juger certaines choses bonnes ou mauvaises ; toutefois, les lois révélées n’ont été instaurées que pour parachever et confirmer la nature originelle (fitra), non pour la transformer ni la bouleverser. Ainsi, ce que la fitra tient pour louable, la sharîʿa l’approuve et l’embellit encore, si bien qu’il devient excellent des deux points de vue ; et ce que la fitra réprouve, la Loi est venue