Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

comme il vous plaira ; puis, si vous parvenez à le réfuter, réfutez-le donc !

Quatorzième point : vous déclarez : « Nous ne contestons pas la notoriété, parmi les créatures, des jugements portant sur le bien et le mal, ni le fait qu’ils suscitent louange et gratitude envers celui qui y souscrit ou, à l’inverse, blâme ; mais on ne les évoque que par conformité aux prescriptions révélées ou pour des intérêts particuliers. Or nous les refusons à propos d’Allah, car aucun intérêt ne Le concerne. » (1)

C’est là le véritable champ d’affrontement doctrinal entre les différentes écoles, pour cette question comme pour d’autres. Nous vous demandons donc, ô partisans de la négation : que visez-vous par ces « intérêts » que vous retranchez à Allah, et au nom desquels vous niez la beauté intrinsèque de Ses commandements et la laideur intrinsèque de Ses interdictions, allant jusqu’à prétendre qu’il n’existe pour Lui aucune différence entre ce qui est blâmable et ce qui est louable, que tout se vaut à Ses yeux ?

Faites-nous donc connaître ce que vous entendez par ce terme innové et équivoque :

– Parlez-vous des sagesses, des avantages, des heureuses conséquences et des fins aimées pour lesquelles Il agit et ordonne ?
– Ou entendez-vous par là autre chose dont il convient assurément de purifier le Seigneur — comme le laisse entendre le mot « intérêts » — à savoir des volontés corrompues ou des besoins qui rendraient l’agent dépendant d’autrui pour en tirer profit ?
– Que voulez-vous donc dire exactement par « intérêts » ?

Si c’est le premier sens que vous visez, le nier à propos du plus Sage des juges est une position qui contredit à la fois les textes révélés et la raison saine : vous soutenez qu’un Agent sage et volontaire agit sans sagesse, sans intérêt, sans but louable ni conséquence

(1) Dans le manuscrit (T), on lit : « munkara » (réprouvée), une leçon qui convient mieux au contexte après ajout d’une conjonction. La même formulation figure déjà p. 974, dans un passage plus long. Dans al-Mustasfa, t. 1, p. 116, on trouve au contraire « mashhura » (célèbre). (2) Voir p. 974.
المعنى بما شئتم، ثمَّ إن أمكنكم إبطالُه فأبطِلوه! الوجه الرَّابع عشر: قولكم: «نحن لا ننكرُ اشتهارَ القضايا الحسنة والقبيحة بين الخلق، وكونها محمودةً مشكورة (١)، مُثنًى على فاعلها أو مذمومًا، ولكنَّ سببَ ذكرها إمَّا التَّديُّن بالشرائع وإمَّا الأغراض، ونحن إنما ننكرها في حقِّ الله ﷿ لانتفاء الأغراض عنه» (٢). فهذا مُعْتَركُ القول بين الفِرَق في هذه المسألة وغيرها؛ فنقول لكم: ما تَعنُون ــ معاشرَ النُّفاة ــ بالأغراض التي نفيتموها عن الله ﷿، ونفيتم لأجلها حُسْنَ أوامره الذَّاتية وقُبحَ نواهيه الذَّاتية، وزعمتم لأجلها أنه لا فرق عنده بين مذمومها ومحمودها، وأنها بالنسبة إليه سواء؟ فأخبرونا عن مرادكم بهذه اللفظة البدعيَّة المحتَملة: أتعنُون بها الحِكَم والمصالحَ والعواقبَ الحميدة والغاياتِ المحبوبة التي يفعل ويأمرُ لأجلها؟ أم تعنُون بها أمرًا وراء ذلك يجبُ تنزيهُ الرَّبِّ عنه ــ كما يُشْعِرُ به لفظُ «الأغراض» ــ من الإرادات الفاسدة والأمور التي يكون الفاعلُ محتاجًا إليها، مستفيدًا لها من غيره؟ أم ماذا تعنُون بالأغراض؟ فإن أردتم المعنى الأوَّل، فنفيُكم إياه عن أحكم الحاكمين مذهبٌ لكم خالفتم به صريحَ المنقول وصريحَ المعقول، وأتيتم ما لا تُقِرُّ به العقولُ مِن فِعْل فاعلٍ حكيمٍ مختارٍ لا لحكمةٍ ولا لمصلحةٍ ولا لغايةٍ محمودةٍ ولا عاقبةٍ
(١) (ت): «منكورة». وهي أقربُ للسياق بإضافة حرف عطف. وتقدمت (ص: ٩٧٤) كما هنا لكن في سياقٍ أطول. وفي «المستصفى» (١/ ١١٦): «مشهورة». (٢) انظر: (ص: ٩٧٤).

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