Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

valent même récompense, tel le fait de nier l’avoir dénoncé. Il découle donc que la laideur du mensonge n’entre pas dans la définition même du mensonge ; elle ne lui est pas intrinsèquement attachée, ni dans l’entendement ni dans la réalité, et l’on ne saurait la ranger parmi les attributs essentiels qui accompagnent nécessairement l’être aussi bien dans l’existence que dans l’inexistence (1).

Réponse en plusieurs points.

Premier point : nous ne concédons pas qu’il puisse exister une situation où la véracité devienne blâmable, ni aucune où le mensonge devienne louable ; leur nature ne se renverse jamais. Ce qui seul mérite blâme dans un propos véridique, c’est que le rapporteur n’ait pas eu recours à l’allusion ni au sous-entendu qui auraient sauvegardé le Prophète ou le saint (2).

Deuxième point : il a divulgué une information qu’il n’était pas autorisé à révéler, parce que cette divulgation entraînait un préjudice prépondérant. Cela n’implique nullement que la véracité soit laide ; c’est l’acte de la divulguer qui l’est. Il faut distinguer entre la conformité d’un énoncé à la réalité, qui constitue la vérité, et le fait d’en informer autrui ; la laideur provient de l’information, non de la relation véridique elle-même. Or l’information n’est pas constitutive de l’énoncé ; elle n’entre pas dans sa définition, car le « rapport » (khabar) n’est pas l’« action de rapporter » (ikhbâr). Que l’acte d’informer soit blâmable n’implique donc pas que l’énoncé le soit. Cette subtilité a échappé aux deux camps.

Troisième point : le fait que, dans certaines circonstances, la véracité soit jugée laide ou le mensonge considéré comme beau en raison d’un intérêt supérieur ou d’un mal plus grave à éviter n’enlève rien, d’un point de vue rationnel, à l’attribution essentielle de chacun. Les causes rationnelles et les attributs intrinsèques, qui appellent normalement leurs effets, peuvent parfois être empêchés par l’absence d’une condition ou la présence d’un obstacle ; cela ne nécessite pas pour autant la suppression

(1) Voir p. 973. (2) Dans le manuscrit de base, on lit : « houa haythu » ; la leçon retenue suit l’exemplaire (Ṭ). (3) Le manuscrit (Q) porte : « bi-hikmah » (« par sagesse »).
يثابُ عليها؛ مثل إنكار الدلالة عليه، فلم يدخل كونُ الكذب قبيحًا في حدِّ الكذب، ولا لَزِمه في الوهم ولا في الوجود، ولا يجوز أن يُعَدَّ من الصِّفات الذَّاتية التي تَلْزَمُ النَّفسَ وجودًا وعَدمًا» (١). جوابه مِنْ وجوه: أحدها: أنَّا لا نُسَلِّمُ أنَّ الصِّدق يقبُح في حال، ولا أنَّ الكذبَ يحسُن في حالٍ أبدًا، ولا تنقلبُ ذاتُه، وإنما يحسُن اللَّومُ على الخبر الصَّادق من حيثُ (٢) لم يُعَرِّض المُخْبِرُ ولم يُوَرِّ بما يقتضي سلامةَ النَّبيِّ أو الوليِّ. الوجه الثَّاني: أنه أخبَر بما لا يجوز له الإخبارُ به؛ لاستلزامه مفسدةً راجحة، ولا يقتضي هذا كونَ الصِّدق قبيحًا، بل الإخبار بالصِّدق هو القبيح، وفرقٌ بين النسبة المطابِقة التي هي صدقٌ وبين الإعلام بها، فالقُبح إنما نشَأ من الإعلام لا من النسبة الصَّادقة، والإعلامُ غيرُ ذاتيٍّ للخبر، ولا داخلٍ في حدِّه، إذ الخبرُ غيرُ الإخبار، ولا يَلْزَمُ من كون الإخبار قبيحًا أن يكون الخبرُ قبيحًا، وهذه الدَّقيقةُ غَفَل عنها الطَّائفتان كلاهما. الوجه الثالث: أنَّ قُبحَ الصِّدق وحُسْنَ الكذب المذكورَيْن في بعض المواضع لمعارضة مصلحةٍ أو مفسدةٍ راجحة= لا يقتضي عدمَ اتصافِ ذات كلٍّ منهما بحُكمه (٣) عقلًا؛ فإنَّ العِلَل العقلية والأوصافَ الذَّاتية المقتضية لأحكامها قد تتخلَّف عنها لِفَوَات شرطٍ أو قيام مانع، ولا يوجبُ ذلك سلبَ
(١) انظر: (ص: ٩٧٣). (٢) في الأصول: «هو حيث». والمثبت من (ط). (٣) (ق): «بحكمة».

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