Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

alors, en quoi celui qui l’affirme s’écarterait-il des jugements de la raison ? Et, à vrai dire, qui donc s’éloigne réellement de la raison, sinon celui qui rejette ce jugement ?

Si, par « équivalentes », vous entendez l’égalité dans la saisie intellectuelle, c’est-à-dire que l’une et l’autre auraient le même degré d’évidence nécessaire, l’absence d’une telle égalité n’implique nullement que la connaissance du caractère blâmable du mensonge ne soit pas de l’ordre de la raison.

Septième angle. – Vous déclarez : « Si l’affirmateur reconnaît qu’Allah, exalté soit-Il, ne subit aucun tort du fait du mensonge ni ne tire profit de la véracité, les deux comportements, du point de vue de l’obligation religieuse, se valent » (1). Cette parole ne saurait être agréée par aucun esprit sensé. Il est en effet établi qu’Allah ne subit aucun préjudice du mensonge et ne retire aucun avantage de la véracité ; le profit de la véracité et le tort du mensonge ne retombent que sur le sujet légalement responsable. Mais, je vous prie, d’où tirez-vous que ces deux contraires devraient, quant à la responsabilité religieuse, être placés sur le même plan ? N’est-ce pas là pure arbitraire et assertion sans preuve ?

Huitième angle. – Du fait que le Sage ne soit pas lésé par la laideur ni bénéficiaire de la beauté, il ne s’ensuit nullement qu’Il n’aime ni ne déteste l’une ou l’autre et que leur rapport à Lui soit identique. Bien au contraire : Sa sagesse exige qu’Il déteste ce qui est vil, même sans en être atteint, et qu’Il aime ce qui est bon, quand bien même Il n’en tirerait aucun avantage.

Dès lors, l’argument se retourne contre vous et nous en sommes plus fondés que vous à l’invoquer : si le négateur admettait qu’Allah, exalté soit-Il, est Sage et Omniscient, qu’Il met chaque chose à sa juste place et l’installe au rang qui lui revient, il saurait que les deux attitudes – à savoir la véracité et le mensonge – par rapport à Sa Loi

(1) Voir p. 972. (2) Les manuscrits Q et D lisent « wa an » (« et que »), tandis que le manuscrit T donne « aw an » (« ou que »). Le présent texte suit la leçon de l’édition Ṭ.
أين يخرُج عن قضايا العقول من حَكَمَ بذلك؟ وهل الخارجُ في الحقيقة عنها إلا من مَنَعَ هذا الحكم؟ وإن أردتم بالتَّسوية الاستواءَ في الإدراك، وأنَّ كليهما على رتبةٍ واحدةٍ من الضرورة، فلا يلزمُ مِنْ عَدَم هذا الاستواء أن لا يكون العلمُ بقُبْح الكذب عقليًّا. الوجه السَّابع: قولكم: «لو تقرَّر عند المُثْبِت أنَّ الله تعالى لا يتضرَّر بكذبٍ ولا ينتفعُ بصدقٍ كان الأمران في حُكم التكليف على وتيرةٍ واحدة» (١) كلامٌ لا يرتضيه عاقل؛ فإنَّ من المتقرِّر أنَّ الله تعالى لا يتضرَّرُ بكذبٍ ولا ينتفعُ بصدق، وإنما يعودُ نفعُ الصِّدق وضررُ الكذب على المكلَّف، ولكن ليتَ شعري مِنْ أين يلزمُ أن يكون هذان الضِّدَّان بالنسبة إلى التكليف على وتيرةٍ واحدة؟ وهل هذا إلا مجرَّدُ تحكُّمٍ ودعوى باطلة؟! الوجه الثَّامن: أنه لا يَلْزَمُ من كَون الحكيم لا يتضرَّرُ بالقُبْح ولا ينتفعُ بالحُسْن أن لا يحبَّ هذا ولا (٢) يبغض هذا، بل تكون نسبتُهما إليه نسبةً واحدة. بل الأمرُ بالعكس، وهو أنَّ حكمتَه تقتضي بُغْضَه للقبيح وإن لم يتضرَّر به، ومحبَّته للحَسَن وإن لم ينتفع به. وحينئذٍ فيُقْلَبُ هذا الكلامُ عليكم، ونكونُ أسعَد به منكم، فنقول: لو تقرَّر عند النَّافي أنَّ الله تعالى حكيمٌ عليمٌ يضعُ الأشياء مواضعَها، ويُنْزِلها منازلها، لعَلِمَ أنَّ الأمرين ــ أعني: الصِّدق والكذب ــ بالنسبة إلى شرعه
(١) انظر: (ص: ٩٧٢). (٢) (ق، د): «وأن». (ت): «أو أن». والمثبت من (ط).

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