Cinquième angle : vous avez ouvert la porte au sophisme (1). En effet, contester les connaissances que l’intellect produit nécessairement revient à contester les perceptions de nos sens et les jugements qui en découlent ; quiconque s’adonne à l’obstination dans le domaine de l’intelligible ouvre ipso facto la porte à l’obstination dans le domaine du sensible.
C’est pourquoi le sophisme n’est qu’un état susceptible d’apparaître dans l’un et l’autre registre ; il ne constitue pas, comme l’imaginent certains auteurs de traités doctrinaux (2), une école à part entière dont vivrait un peuple. Aucune communauté, pas même un individu, ne pourrait subsister sur une telle base ni en tirer le moindre intérêt. Il s’agit plutôt d’une disposition passagère qui touche un grand nombre de personnes, avec des degrés variables. Tout partisan d’une doctrine erronée, qu’il le veuille ou non, recourt tôt ou tard au sophisme. Nous consacrerons, si Dieu le veut, un chapitre ultérieur pour montrer que tous les tenants de doctrines fausses sont, de manière explicite ou implicite, proches ou lointaines, des sophistes (3).
Sixième angle : vous avancez : « Quiconque estime que ces deux réalités sont équivalentes pour son intellect s’est écarté des verdicts de la raison » (4).
Réponse : si par « équivalentes » vous entendez qu’elles sont toutes deux, en soi, concevables (5), alors