et, dans le passage du défi, Il dit : « Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, produisez donc une sourate semblable » (Coran 2, 23).
Par ailleurs, les deux Ṣaḥîḥ rapportent, dans le hadith de l’intercession où les prophètes se renvoient successivement la demande, que le Messie — paix sur lui — déclarera : « Allez vers Muhammad, un serviteur à qui Allah a pardonné ses péchés passés et futurs » (1). Cela indique qu’il a obtenu cette station suprême (2) grâce à la perfection de son assujettissement à Allah et à la parfaite absolution qu’Allah lui a accordée.
Or, puisque la condition de serviteur possède auprès d’Allah un rang aussi éminent, Sa sagesse voulut qu’Il fasse habiter Adam et sa descendance dans une demeure où ils puissent atteindre ce degré par l’obéissance complète qu’ils Lui rendent, par leur rapprochement de Lui à travers ce qu’Il aime et par le renoncement, pour Sa Face, aux habitudes qui leur sont familières. Tel fut l’achèvement de Sa grâce et de Sa bienfaisance à leur égard.
De même, Il — exalté soit-Il — voulut faire connaître à Ses serviteurs comblés de Ses bienfaits toute l’étendue de ceux-ci et leur véritable valeur, afin qu’ils L’aiment davantage, qu’ils Le remercient plus encore et qu’ils goûtent avec une joie plus intense les délices qu’Il leur accorde. Il leur montra donc Son agir à l’égard de Ses ennemis, ce qu’Il leur a préparé comme châtiments et diverses souffrances ; Il leur fit voir comment Il les en a délivrés, en les distinguant par les plus hauts degrés de félicité, afin que leur allégresse croisse, que leur satisfaction soit parfaite, que leur bonheur grandisse et que leur plaisir atteigne son comble. Cela relevait du parachèvement de Ses bienfaits sur eux et de Son amour pour eux.
Il était donc inévitable qu’Il les fît descendre sur terre, qu’Il les éprouvât et les soumît à l’examen, accordant la réussite à qui Il veut par miséricorde et faveur, et laissant sans soutien qui Il veut par sagesse et justice ; Il est l’Omniscient, le Sage.